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Pour ou contre la chasse à l'ours printanière en Ontario?

Les biologistes sont partagés sur l'efficacité de la chasse à l'ours printanière pour contrôler la présence d'ours errants dans les villes. Pourtant, un nombre grandissant de citoyens du nord de la province réclament le retour permanent de cette chasse pour réduire les populations d'ours en milieu urbains.

Un texte d'Isaac Gauthier

Abolie en 1999 par le gouvernement conservateur de Mike Harris, la chasse à l'ours au printemps fait à nouveau des remous dans le nord de l'Ontario, à la fin du projet pilote de deux ans mis en oeuvre par le gouvernement de Kathleen Wynne. Surtout alors que les policiers et le ministère des Richesses naturelles se renvoient la balle sur la responsabilité d'intervenir.

Selon Mark Ryckman, cette chasse réduit le nombre d'animaux dans une période où les ours sont très actifs. Il ajoute qu'elle contribue aussi aux coffres de l'État grâce à la vente de permis de chasse. En 1996 par exemple, elle a rapporté un total de 40 millions de dollars, mais à cette époque, la chasse était ouverte aux touristes américains.

Le biologiste admet toutefois que son efficacité n'a jamais été sérieusement étudiée.

C'est pourquoi le biologiste Jean-François Robitaille de l'Université Laurentienne n'est pas aussi convaincu de sa raison d'être.

Il accepte que la chasse puisse être un outil de gestion de la faune, mais il estime que le résultat n'est pas nécessairement un meilleur contrôle de la population des ours.

« Plusieurs facteurs peuvent faire rapidement augmenter la population d'ours noirs », explique Jean-François Robitaille. Par exemple, la mort d'un ours dans un territoire où la nourriture est abondante peut mener à une immigration d'ours sur plusieurs centaines de kilomètres pour le réclamer, un phénomène récemment observé.

Il ajoute que le nombre d'ours nuisibles en 2015 est exceptionnel, causé par une mauvaise saison pour les bleuets en forêt notamment. Le biologiste dit que la population devrait se régulariser dès l'an prochain.

Selon lui, la sensibilisation des citoyens et une gestion adéquate des déchets en ville sont tous aussi importants que la chasse. Il soutient que l'abolition du programme du ministère des Richesses naturelles qui permettait de déplacer les ours errants a aussi un impact.

Projet pilote trop court

Le ministère des Richesses naturelles explore l'idée de permettre à nouveau la chasse à l'ours, grâce aux données recueillies par le projet pilote de chasse printannière ces deux dernières années.

Toutefois, selon le biologiste Jean-François Robitaille, l'initiative est un échec.

En 2014, ce sont seulement 193 ours noirs qui ont été abattus, loin des 5000 tués chaque année alors que l'Ontario autorisait la chasse à l'ours printanière.

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