À la suite de la fermeture de la Librairie du Centre d'Ottawa et de l'arrêt de la publication de la revue Liaison, des voix s'élèvent pour que l'Ontario se dote d'une politique du livre, à l'instar de ce qui se fait au Québec avec ce qui est souvent appelé la loi 51.

Adoptée en 1981, la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre encadre les pratiques commerciales des intervenants de la chaîne du livre. L’objectif est que chacun des acteurs de la filière puisse vivre des revenus tirés du commerce du livre.

Mireille Groleau, la présidente du conseil d’administration des Éditions L’Interligne, qui s’occupait aussi de la publication de la revue Liaison, croit qu’il est temps que l’Ontario adopte une telle réglementation pour protéger la littérature franco-ontarienne et sa diffusion.

« La plus importante, à mon avis, c’est l’établissement d’une politique du livre en Ontario. Au Québec, il y a la loi 51 qui garantit que les institutions vont acheter chez leur libraire local […]. À l’Association des auteurs et auteures de l’Ontario français, c’est leur dossier avec la Table de concertation pour la chaîne du livre », souligne-t-elle.

La propriétaire de la librairie Le Coin du livre, Nathalie Savard, abonde dans le même sens. Son père a fondé l’entreprise il y a maintenant 50 ans et c’est une lutte de tous les instants qu’elle doit se livrer pour maintenir ses activités, dit-elle.

« C’est comme un combat, comme avec l’Hôpital Montfort. On dessert notre communauté, pas seulement les Franco-Ontariens, mais aussi le côté immersion anglophone [pour ceux] qui veulent apprendre le français en Ontario. Et c’est un plaisir pour moi d’offrir des livres francophones », assure-t-elle.

Des centres d'animation avec de l'expertise

Mme Groleau estime que les libraires ont aussi leur rôle à jouer, en faisant davantage que de distribuer des livres. Elle croit qu'il faut les voir aussi comme des centres d'animation.

Nathalie Savard souligne que cela se fait déjà, notamment à travers des rencontres avec les auteurs, mais elle se dit prête à trouver de nouvelles idées pour attirer la clientèle.

D’ailleurs, elle n’hésite pas à lancer un appel aux consommateurs, car elle croit qu’eux aussi ont une partie de la solution entre leurs mains.

« Arrêtez d’aller acheter vos livres chez Cotsco, Walmart, etc. Nous, on est les experts. Ces endroits-là, ils ne vous aideront pas si vous cherchez des livres », fait-elle valoir.

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