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Présumée maltraitance envers un enfant d'Ottawa : un psychologue témoigne

Un expert doit poursuivre son témoignage, jeudi, au procès de l'ex-agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d'Ottawa dans une affaire de maltraitance d'enfant.

En cour mercredi, le psychologue - dont le nom ne peut être dévoilé afin de protéger l'identité de la présumée victime - a affirmé que l'accusé souffrait du trouble de stress post-traumatique. Il a ajouté que l'homme et son fils étaient « pris dans une sorte de relation masochiste ».

L'ex-agent de 44 ans, père de la présumée victime, et sa femme, âgée de 36 ans, ont été arrêtés en 2013. Ils ont plaidé non coupables à des accusations de voies de fait graves, de séquestration et de manquement au devoir de fournir les choses nécessaires à la vie.

La femme, qui est la belle-mère de la présumée victime, est également accusée d'agression armée sur le garçon, tandis que son conjoint est aussi accusé d'agressions sexuelles causant des lésions corporelles et d'agression armée.

Leur l'identité ne peut pas être dévoilée, afin de protéger la présumée victime, qui avait 11 ans au moment des faits reprochés.

Des problèmes de santé mentale

Devant le tribunal mercredi, le psychologue de Montréal a précisé qu'il avait commencé à traiter l'accusé un an après son arrestation.

Dans son témoignage, le spécialiste a affirmé avoir diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique, une dépression et un trouble dissociatif de l'identité chez l'ex-agent de la GRC, qu'il a traité durant plus d'une quarantaine de séances d'une heure.

Selon l'expert, les problèmes de santé mentale de l'accusé étaient causés par des traumatismes d'enfance. L'ex-agent dit avoir été victime d'agressions sexuelles à plusieurs reprises, alors qu'il était au Liban à la fin des années 1970.

L'avocat de la défense, Robert Carew, a alors demandé au psychologue s'il croyait que l'accusé était sincère lorsqu'il parlait des traumatismes de son enfance. Le spécialiste a répondu que cela était « probablement vrai ».

Dans son témoignage, le psychologue a également raconté que l'accusé confondait ses mauvais souvenirs avec la réalité.

Il a ajouté que l'ex-agent se plaignait du comportement défiant de son fils et qu'il l'accusait d'avoir des comportements sexuels inappropriés.

L'expert a expliqué que, lorsque l'accusé a attaqué et torturé son fils dans le sous-sol de sa résidence, il voyait ce dernier comme un ennemi puissant. Le père croyait que son fils voulait séduire sexuellement sa belle-mère et les fils de cette dernière.

L'ex-agent de la GRC pensait que son fils était possédé par le démon, a aussi précisé le psychologue.

Par la suite, le spécialiste a ajouté que le père et son fils étaient « pris dans une sorte de relation masochiste ». L'accusé répétait la violence et les traumatismes dont il avait été victime sur son fils, parce qu'il croyait que ce dernier tentait de le séduire, comme ses agresseurs l'avaient fait.

L'accusé croyait protéger sa famille, selon le psychologue

L'avocat de la défense a ensuite demandé au spécialiste si l'accusé savait qu'il posait des gestes répréhensibles lorsqu'il agressait son fils. L'homme croyait qu'il protégeait sa famille en agissant de la sorte, a soutenu le psychologue.

La Couronne a tenté en vain de rendre le témoignage de l'expert inadmissible. Les avocats ont affirmé que le psychologue ne disposait pas de preuves permettant de diagnostiquer un trouble de stress post-traumatique, ayant refusé d'utiliser les critères scientifiques reconnus pour poser un tel diagnostic.

La défense a quant à elle précisé que le psychologue avait plus de 40 ans d'expérience et qu'il traitait une centaine de patients atteints de trouble de stress post-traumatique.

Le juge Robert Maranger a fait part de certaines réserves, notamment en raison du manque d'expérience du psychologue comme médecin légiste, mais a déclaré le témoignage admissible.

D'après CBC

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