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Prison d'Ottawa-Carleton : « des conditions de détention en dessous des normes des Nations unies »

La présidente de l'Association des avocats de la défense d'Ottawa, Anne London-Weinstein, déplore les conditions de détention à la prison d'Ottawa-Carleton. Elle demande au gouvernement de mettre sur pied une enquête publique le plus rapidement possible.

« Je suis préoccupée », a-t-elle raconté à l'émission de la radio Ottawa Morning de la CBC, jeudi matin. « En ce moment, je juge que les conditions de détention sont en dessous des normes imposées par les Nations unies. »

Ce n'est qu'une question de temps avant que le tout finisse par exploser, a-t-elle insisté. Le gouvernement est assis sur un « baril de poudre », a-t-elle averti.

Suicide de Yousef Hussein

Ces mises en garde ont été formulées quelques jours après qu'un prisonnier se soit enlevé la vie au Centre de détention Ottawa-Carleton. Yousef Hussein, 26 ans, a été retrouvé pendu dans sa cellule, mardi matin, par des membres du personnel de la prison.

Le jeune homme, accusé de plusieurs agressions sexuelles, souffrait de troubles mentaux. Il avait été mis sous surveillance étroite, car il montrait des tendances suicidaires.

Des agents devaient le surveiller toutes les 20 minutes, mais Hussein a réussi à échapper à la vigilance des gardiens pour mettre fin à ses jours.

Pointe de l'iceberg

Le suicide de Yousef Hussein est le dernier cas d'une longue série d'incidents inquiétants qui sont survenus à la prison de l'est d'Ottawa.

Le centre a déjà fait les manchettes pour avoir servi de la nourriture de piètre qualité à ses prisonniers.

Les autorités carcérales sont aussi aux prises avec un problème de surpopulation. Les détenus dorment sur plancher ou dans les douches. Parfois, ils sont trois par cellule ou logés dans des locaux infestés d'insectes.

Au début du mois d'avril, la gérante Maureen Harvey a été congédiée et c'est son adjoint qui l'a remplacée à son poste.

L'avocat Lawrence Greenspon soutient que le remplacement de Mme Harvey est un pas dans la bonne direction, mais il indique qu'il reste beaucoup de travail à faire pour régler les problèmes de surpopulation.

« La surpopulation à la prison est un problème récurrent », a-t-il dit, en entrevue, jeudi.

Groupe de travail

Le gouvernement de l'Ontario vient de mettre en place un groupe de travail pour trouver des solutions aux problèmes de la prison d'Ottawa.

L'une des pistes de solution est de réformer les lois entourant les peines minimales, a soutenu Anne London-Weinstein.

Plusieurs prisonniers sont en prison en attente de comparaître devant un juge. Environ six prisonniers sur 10 en Ontario sont dans cette situation.

Les politiciens n'aiment pas l'idée de mettre de présumés délinquants en liberté sous caution avant leur date d'audience, a déclaré London-Weinstein.

L'Association des avocats de la défense d'Ottawa réclame plus d'ouverture pour des libérations conditionnelles. Cela permettrait, en autre, de désengorger la prison d'Ottawa.

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