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Procès d'Ian Bush : des photos d'objets incriminants présentées en preuve

Les policiers ont trouvé un sac noir renfermant des objets pouvant servir à commettre un crime, en décembre 2014, dans le sous-sol de la résidence d'Ian Bush. C'est ce qu'a révélé la Couronne, vendredi, au procès de l'homme accusé du triple meurtre d'un ex-juge, de sa femme et d'une amie.

Un texte de Laurie Trudel

Dans ce sac noir, les enquêteurs ont notamment découvert un couteau, différents types de cordes, un pistolet à air comprimé et des munitions, un large ruban adhésif, une lourde barre de métal, ainsi qu'un fusil et des munitions. Ils ont aussi trouvé un faux fusil en bois peint, des bâtons de bois pointus aux deux extrémités et des sacs transparents en plastique.

La Couronne a montré des photos des objets aux jurés en cour, vendredi. Ceux-ci ont été saisis et seront éventuellement présentés en preuve par la poursuite, qui tente de prouver que l'accusé a tué l'ancien juge Alban Garon, sa femme Raymonde et leur amie Marie-Claire Beniskos, en 2007.

Des télécopies présentées en preuve

Vendredi matin, la poursuite a aussi déposé en preuve des télécopies envoyées par M. Bush, le 30 juillet 2001, à la Cour canadienne de l’impôt à l’attention du juge Alban Garon.

Dans cette lettre, où on peut lire que l’accusé invite le juge à une rencontre à son domicile dans le secteur d’Orléans pour discuter d’une décision rendue précédemment par le tribunal à son endroit.

Un expert en ADN témoigne

La Couronne a aussi commencé, vendredi, à interroger Brian Peck, un expert en ADN du Centre des sciences judiciaires de Toronto, qui est venu confirmer que le poil retrouvé sur les lieux du crime en juillet 2007 appartient à M. Bush.

L’accusé a avoué, jeudi, que ce poil lui appartenait, dans une déclaration écrite présentée en preuve.

Le biologiste a aussi confirmé qu’Ian Bush ne peut être exclu comme source de l’ADN identifié dans une tache de sang trouvée dans l'appartement du couple Garon.

Selon l’expert, le fait que deux traces d’ADN d'Ian Bush se retrouvent sur la scène de crime est plus incriminant qu’un seul. Il a ajouté que l’explication la plus plausible pour que deux traces d’ADN d’un même individu se retrouvent dans une pièce est qu’il ait été présent physiquement dans la pièce en question.

La possibilité que cet ADN se soit transféré à une ou plusieurs reprises sur des objets ou d’autres personnes avant de se retrouver dans la pièce est mince, toujours selon le biologiste Brian Peck. Chaque fois que le sang ou l’ADN se transfère, il perd de sa force et est présent en de plus en plus petites portions.

Ces affirmations corroborent le témoignage de l’experte en cheveux, en poils et en fibres textiles qui a eu lieu jeudi.

Un autre individu exclu comme suspect

Sur une tache de sang retrouvée dans le salon de l'appartement des Garon se retrouve un mélange d’ADN. L’expert en ADN John Peck a indiqué à la cour qu’Alban Garon ne pouvait être exclu comme source première de cet ADN. Mais selon l’expertise du biologiste, l’ADN de deux individus se retrouve sur cette tache de sang.

L’ADN du deuxième individu ne peut exclure Ian Bush comme source. Un autre individu, Antony Thavaratnam, ne peut également être exclu comme source de cet ADN. C’est pourquoi il a été interrogé par les enquêteurs, mais n’a pas été considéré comme un suspect pour le triple meurtre.

M. Thavaratnam, qui a maintenant 57 ans, a été appelé à la barre des témoins vendredi. Résident de North York toute sa vie, un quartier au nord du centre-ville de Toronto, il a affirmé à la Cour qu’il était venu à Ottawa une seule fois dans sa vie avant ce témoignage. En 2009, il a participé à une manifestation sur la colline du Parlement et est retourné chez lui. Il travaille pour la compagnie Grand and Toy depuis 25 ans, du lundi au vendredi, en plus de distribuer des journaux sept jours par semaine depuis 2001.

La Couronne a montré au témoin des photos du couple Garon et de l’immeuble à condos où ils résidaient sur le chemin Riverside, à Ottawa. Le témoin a indiqué qu’il ne reconnaissait pas ces visages et qu’il n’avait jamais mis les pieds à ce complexe immobilier d’Ottawa.

Ce témoignage nous a aussi permis de savoir que l’ADN d’Antony Thavaratnam s’est retrouvé dans le système de la police puisque celui-ci a été reconnu coupable d’avoir frappé sa femme au visage en 2007. Il est en processus pour recevoir un pardon pour cette offense.

La Couronne lui a demandé de regarder Ian Bush dans le box des accusés et de lui indiquer s’il l’avait déjà vu auparavant. Il a répondu qu’il n’avait aucune idée de qui il s’agissait.

Les prochaines étapes du procès

Lundi, le témoignage de l’expert en ADN doit se poursuivre, suivi du contre-interrogatoire par la défense.

Le détective Mike Donald et le sergent Raymond, impliqués dans l’enquête du triple meurtre, seront ensuite appelés à la barre des témoins.

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