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Procès de Shakti Ramsurrun : le côté sombre du « coup de foudre »

Une amie de la conjointe de Shakti Ramsurrun a donné un aperçu du côté sombre du « coup de foudre » que semblait vivre celle-ci avec l'accusé, vendredi après-midi, au palais de justice de Gatineau.

Un texte de Pascale-Marie Dufour

C'est un témoignage ponctué de larmes que le jury a écouté avec attention. Virginie Lamaute a levé le voile sur les problèmes de couple que sa grande amie, Anne-Katherine Powers, vivait avec M. Ramsurrun.

Ce dernier est accusé d'avoir tué ses deux beaux-parents et Mme Powers, il y a cinq ans, dans le secteur d'Aylmer, à Gatineau.

Mme Lamaute a raconté qu'au printemps 2010, Mme Powers a vécu un gros coup de foudre avec M. Ramsurrun, un Mauricien rencontré sur un bateau de croisière. La jeune femme a confié à son amie de longue date les détails de cette relation et lui a même montré des courriels de son amoureux.

En mai, Mme Powers s'est envolée pour l'île Maurice. Elle y est restée un an. En 2011, elle est revenue au Canada avec son fils âgé d'à peine quelques mois. La jeune mère s'était mariée avec M. Ramsurrun; ce dernier attendait ses papiers pour venir les rejoindre à Gatineau.

Rapidement, Mme Powers s'est épanchée auprès de Mme Lamaute.

La jeune mère était nerveuse. Elle soutenait avoir arrêté les procédures pour faire venir son mari à Gatineau et qu'ils étaient séparés.

Mme Powers a alors révélé à son amie que lors de son séjour à l'île Maurice, M. Ramsurrun l'aurait forcée à manger cinq choses prises dans une poubelle. Elle se serait exécutée sous la menace d'un couteau. Sinon, il aurait menacé de tuer sa mère.

De nombreuses chicanes

Les deux jeunes adultes se seraient souvent chicanés. La jeune femme a affirmé qu'un jour son conjoint était parti en voiture avec leur bébé, même s'il était en état d'ébriété.

À l'automne 2011, Mme Powers a annoncé à son amie avoir repris les procédures pour faire venir M. Ramsurrun au pays. Elle voulait que son bébé ait un père.

Au printemps 2012, Mme Lamaute a échangé avec Mme Powers sur Facebook. Elle a alors appris que son amie était de nouveau séparée de M. Ramsurrun.

« Séparée, bientôt divorcée », aurait affirmé Mme Powers à sa confidente, en ajoutant que tout allait bien et que c'était sa décision.

Le 23 mai 2012, Mme Powers a envoyé un message sur Facebook à sa grande amie. Elle lui a écrit : « I miss you », soit : « Tu me manques », en français.

C'est le dernier contact que Mme Lamaute aura avec son amie. Mme Powers a été poignardée à mort le même jour, tout comme sa mère, Louise Leboeuf, et son beau-père, Claude Lévesque.

Un commerçant intrigué

Plus tôt dans la journée, vendredi, c'est le propriétaire du dépanneur Deschênes, dans le secteur d'Aylmer, qui avait été appelé à la barre pour livrer son témoignage.

Chadi Kessen connaissait de vue Shakti Ramsurrun, puisque le jeune Mauricien avait l'habitude de venir dans son commerce trois à quatre fois par semaine pour acheter des cigarettes.

Mais le matin du 24 mai 2012, le lendemain du triple meurtre, la situation était différente. Vers 7 h 20, M. Ramsurrun s'est présenté dans le commerce. Il portait des jeans, une chemise blanche et un gros gant épais et foncé à la main droite.

C'est un détail qui a surpris et intrigué le propriétaire du dépanneur, puisqu'il faisait déjà beau et chaud. Il faisait entre 20 et 25 °C, même s'il était tôt.

M. Ramsurrun a acheté des cigarettes. Lorsqu'il a tendu la main pour payer, M. Kessen a remarqué qu'elle tremblait. Il a alors regardé le jeune homme. Son visage était différent. Il n'avait pas son air habituel et affichait plutôt une « expression dérangée ». Il était clair pour le commerçant qu'il y avait quelque chose d'anormal, que quelque chose était arrivé.

Lorsque, plus tard, le commerçant a entendu aux nouvelles que des meurtres avaient été commis dans le voisinage, il s'est dit qu'il devait appeler la police.

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