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Procès du « père grand-père » : une présumée victime raconte son calvaire

Une femme qui aurait été victime d'agression sexuelle et d'inceste de la part de son père durant une trentaine d'années a commencé à livrer, mardi, son témoignage bouleversant, au palais de justice de Gatineau.

La présumée victime, aujourd'hui âgée de 53 ans, a d’abord demandé et obtenu du juge Michel Pennou que l’interdiction de la nommer soit levée. Radio-Canada a toutefois pris la décision de taire son identité, afin de protéger l'identité des autres victimes alléguées.

La femme a ensuite commencé à raconter avec beaucoup d'émotion comment son père a fait d’elle son esclave sexuelle.

D’une voix tremblante, elle a dit que tout a commencé quand elle n’avait que 7 ou 8 ans, alors qu'elle accompagnait son père pour un séjour à Montréal. Ce dernier a prétexté qu'il devait aller y acheter des vêtements pour Noël.

En chemin, l'homme se serait arrêté dans un motel et se serait livré à sa première agression sexuelle. Il aurait dit à sa fille que ce qu’il faisait était pour son bien, mais qu’elle ne devait en parler à personne.

De toute façon, aurait-il ajouté, personne ne la croirait. Si elle révélait ce qui était arrivé, la police la retirerait de sa famille, lui aurait-il dit.

Le début d'un long calvaire

Cette agression aurait marqué le début d’un véritable enfer pour la présumée victime, qui aurait par la suite été agressée un nombre incalculable de fois tout au long de son enfance, de son adolescence et de sa vie adulte.

Elle a relaté que ces agressions pouvaient avoir lieu à tout moment du jour et de la nuit. Elles auraient eu lieu à l’intérieur de la maison familiale, au chalet, dans la voiture, dans les bois, ainsi que dans des chambres de motel.

Lorsqu’elle avait 13 ans, la témoin est tombée enceinte de son premier enfant. Toujours selon son témoignage, son propre père en serait le géniteur.

Ce dernier aurait poussé l’odieux jusqu’à violer sa fille chaque jour de sa grossesse. Il l'aurait même agressée à peine 10 minutes après son retour à la maison, à la suite de son accouchement.

La victime présumée a ensuite eu deux autres enfants, qui auraient été engendrés, eux aussi, par l'accusé.

Un jour, les agressions sexuelles ont cessé, mais elles ont été remplacées, selon la témoin, par des menaces de mort. L'accusé l'aurait menacée d'incendier l'immeuble où elle vivait avec ses trois enfants.

Même aux funérailles de sa femme

Rien n’aurait arrêté les pulsions perverses de l’accusé. La témoin a éclaté en sanglots en racontant que son père l’aurait violée une fois de plus le jour des funérailles de sa femme, la mère de la présumée victime, il y a une vingtaine d’années.

Elle a aussi expliqué qu'elle s’était tue durant toutes ces années afin de protéger sa mère. Après la mort de celle-ci, elle s’est mise à implorer le ciel qu’on vienne elle aussi la chercher.

Au bout du rouleau, elle s'est confiée pour la première fois à sa soeur, avant de porter plainte, 44 ans après sa première agression.

La victime alléguée s’est présentée en cour accompagnée d’une représentante des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

L'accusé est le patriarche d'une famille nombreuse

L’accusé est un homme d’affaires de 79 ans, originaire de Val-des-Monts, qui était propriétaire de commerces à Gatineau. Il a eu huit enfants avec sa conjointe.

Assis dans le box des accusés, mardi, il avait les yeux rivés au sol au début du témoignage de sa fille, avant de relever la tête et de regarder intensément sa famille.

Le procès se poursuit mercredi.

Avec les informations de la journaliste Pascale-Marie Dufour

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