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Procès Hackett : un témoin interrogé sur des changements dans sa version des faits

Au procès de Devontay Hackett, la défense a commencé à contre-interroger, lundi, un des témoins de la Couronne, Mauricio Rodriguez, soulignant que celui-ci n'avait pu identifier l'accusé quelques heures après le drame, mais qu'il avait ensuite pu le faire.

Devontay Hackett, 21 ans, est accusé d'avoir poignardé mortellement Brandon Volpi, un condisciple de l'école secondaire, le 7 juin 2014. Le drame s'est produit vers 3 h 30, à l'extérieur d'un hôtel de la rue Besserer à Ottawa, où des élèves s'étaient rassemblés après un bal de finissants.

Selon la Couronne, Volpi aurait été poignardé alors qu’il tentait de venir en aide à Rodriguez aux prises dans un conflit lié à la disparition d’un téléphone cellulaire.

En cour lundi, l’avocat de la défense, Joseph Addelman, a cherché à savoir pourquoi Mauricio Rodriguez n’avait jamais mentionné le nom de Hackett lorsque la police s’est présentée à sa porte, à 8 h 30, le matin du drame.

Me Addelman a ajouté que ce n’est qu’en soirée que Rodriguez a contacté les policiers pour leur dire que Devontay Hackett était celui qui lui avait fait peur à l’extérieur de l’hôtel.

Une légère commotion

Interrogé sur la raison pour laquelle il s’est subitement souvenu du nom du jeune homme, Rodriguez a répliqué qu’il avait vu le nom de Hackett circuler dans les médias sociaux, même si les publications n’étaient pas liées à la mort de Volpi.

Rodriguez dit avoir eu de bonnes raisons d’oublier le nom de l'accusé dans les heures suivant le drame. Il a expliqué qu’il n’avait pas dormi et qu’il avait été frappé à la tête plusieurs fois.

Plus tôt devant le tribunal, l’homme avait d’ailleurs expliqué avoir reçu un diagnostic de commotion légère et d’hémorragie cérébrale à la suite des agressions.

L’avocat a rappelé à Rodriguez qu’il avait dit à la police qu’il avait peu de souvenirs de ce qui s’était produit. Il a avancé qu’une bonne partie du témoignage de Rodriguez était basé sur des publications de ses amis sur les médias sociaux et non sur ses propres souvenirs.

Toutefois, Mauricio Rodriguez a expliqué que ses souvenirs de la soirée lui étaient revenus plus tard au cours de la journée.

Un conflit se dessinait une semaine avant le drame

Plus tôt dans le procès, Rodriguez avait raconté les circonstances qui ont mené au drame du 7 juin. Une semaine avait le bal des finissants, Rodriguez avait demandé à Hackett s’il était au courant de la disparition du cellulaire d’un ami.

Hackett avait réagi de façon « hostile », selon Rodriguez, mais ses amis avaient empêché une confrontation.

La semaine suivante, les deux jeunes hommes ont célébré leur bal de finissants au Camp Fortune. Dans un autobus au moment du retour vers le centre-ville d’Ottawa, Rodriguez a raconté avoir remarqué que Hackett l’observait.

Rodriguez a ensuite ajouté qu’il avait été attaqué à sa sortie de l’autobus, avenue Daly. Il a dit avoir reçu deux coups à la tête, dont un avec une bouteille. Il n’a pu reconnaître ses assaillants.

Le jeune homme a expliqué qu’il s’était ensuite réfugié dans le lobby de l’hôtel Les Suites, mais avait peur de sortir pour se rendre à son hôtel, situé tout près. C'est à ce moment que Volpi lui a offert de l’accompagner, a-t-il ajouté.

Rodriguez a expliqué être sorti de l’hôtel en compagnie de Volpi et d’autres jeunes. Leur groupe a été confronté par un autre groupe d’adolescents, dont Hackett. Rodriguez a alors raconté avoir reçu un autre coup de bouteille ainsi qu’un coup de tête.

Le contre-interrogatoire de Mauricio Rodriguez doit se poursuivre mardi.

Avec les renseignements de Michel-Denis Potvin et de CBC

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