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Procès Ramsurrun : le jury poursuit le visionnement de la vidéo de l'interrogatoire

Au palais de justice de Gatineau, vendredi, le jury a entendu la totalité de l'interrogatoire d'un homme qui subit son procès pour un triple meurtre.

Un texte de Pascale-Marie Dufour

Shakti Ramsurrun est accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Anne-Katherine Powers, et de ses beaux-parents, Louise Leboeuf et Claude Lévesque. Le drame s'est déroulé le 23 mai 2012, dans la résidence familiale où l'accusé vivait avec son fils et les trois victimes.

Pour une deuxième journée, vendredi, les jurés ont poursuivi le visionnement de la vidéo de l'interrogatoire de l'accusé.

C'est le 25 mai 2012, il est presque 5 h 30 lorsque l'interrogatoire commence dans une petite pièce du poste de police de Gatineau.

La veille, les corps des trois victimes ont été découverts dans la résidence familiale. Une vingtaine d'enquêteurs s'affairent encore sur la scène de crime.

Pendant 6 heures 40 minutes, l'enquêteur responsable de l'interrogatoire tente de faire parler M. Ramsurrun. Il se montre tour à tour compréhensif et exaspéré; son ton devient parfois dur pour ensuite se radoucir.

Le prévenu reconnaît qu'il devait quitter la maison familiale, que tout n'était pas parfait dans son couple ni avec ses beaux-parents. Oui, il a lavé les corps des victimes, nettoyé les lieux et a pris sa douche. Il a même nourri son fils avec des céréales et du fromage le lendemain matin dans la salle à manger, en enjambant les corps des victimes. Il a ensuite quitté les lieux avec son fils et leurs bagages.

Ces propos sont racontés sans émotion particulière chez le prévenu. Jamais il n'avoue son crime. Placé devant les nombreuses incohérences de son témoignage, M. Ramsurrun demande à parler à son avocat et préfère se taire.

Riposte de la défense

La défense s'est insurgée contre le policier qui a mené l'interrogatoire, lui demandant pourquoi l'attention des enquêteurs était concentrée sur un seul suspect, Shakti Ramsurrun.

Pourtant, à l'époque, l'une des victimes avait un litige qui l'opposait à un proche. Louise Leboeuf était accusée d'avoir volé 500 $ à l'une de ses filles, geste qui aurait été commis entre décembre 1990 et décembre 2000.

Une plainte avait été formulée à ce sujet en 2006 et un mandat d'arrestation délivré contre Mme Leboeuf en juin 2010. Cette dernière devait d'ailleurs comparaître en cour en juin 2012, soit un mois après avoir été tuée.

Le procès pour triple meurtre de M. Ramsurrun se poursuit lundi.

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