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Projet de loi sur la maltraitance envers les aînés : des réactions partagées en Outaouais

Si une loi lui avait permis d'installer une caméra dans la chambre de sa mère, il y a dix ans, Gabrielle Gélinas se serait précipitée au Centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). La Gatinoise, dont la mère aurait été agressée par une infirmière auxiliaire, s'est réjouie mercredi du projet de loi 115 sur la maltraitance envers les aînés, dont l'étude en commission parlementaire a commencé mardi à Québec.

« Ça devrait être un droit fondamental », a martelé Mme Gélinas en parlant des procédés de surveillance. Elle se souvient avec émotions du moment où sa mère lui a raconté avoir été agressée dans sa chambre.

« Ça m'a fait terriblement mal, même encore aujourd'hui », a-t-elle relaté, la voix brisée. Elle avoue s'être sentie coupable des traitements subis par sa mère dans son CHSLD et croit qu'il faut tout faire pour protéger les aînés.

Elle appuie sans équivoque le projet de loi déposé en octobre dernier à Québec par la ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau.

La pièce législative vise à lutter contre la maltraitance envers les aînés et toute autre personne majeure en situation de vulnérabilité.

Réactions syndicales

Jean-Charles Pichereau, coordonnateur d'Action Santé Outaouais, espère toutefois que les travailleurs de la santé, ainsi que les associations de résidents des CHSLD, aient la possibilité de s'asseoir ensemble pour baliser une telle législation. Il croit que la surveillance à tout prix n'est pas la meilleure solution.

« On ne peut pas être contre la vertu. Dans un cadre de maltraitance des aînés, on peut le comprendre. Cependant, il ne faut pas tomber dans une psychose de Big Brother et de surveiller juste pour surveiller », a mentionné M Pichereau.

Du côté de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), le ton est plus tranchant. « On trouve que c'est une aberration et que ç'a pas de sens », a affirmé Christian Meilleur, vice-président de l'organisation syndicale membre de la CSN.

Nous, on est contre ça.

Christian Meilleur, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux

Il croit que la vidéosurveillance irait à l'encontre de la Chartre canadienne des droits et libertés. Il aimerait plutôt que le gouvernement investisse temps et argent dans la formation des travailleurs pour contrer la maltraitance dans les CHSLD.

« Assurez-vous qu'il y ait suffisamment de personnel en place parce qu'il y aura moins de gens fatigués, épuisés et au bout du rouleau », a martelé M. Meilleur. « Ça fait plusieurs fois qu'on voit des gens de CHSLD dire : "faites quelque chose, on n'y arrive pas". »

À lire aussi : Loi sur la maltraitance : des groupes veulent que Québec aille plus loin

Le projet de loi 115 prévoit l'encadrement de l'utilisation des mécanismes de surveillance. Lorsque la maltraitance est soupçonnée, la famille d'une personne âgée pourrait installer une caméra, à la condition d'en aviser la direction et les employés de l'établissement.

Avec les informations de Jérémie Bergeron

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