Retour

Projet de loi sur les centres d'injection supervisée : des réactions mitigées à Ottawa

Le dépôt, lundi, d'un projet de loi fédéral visant, entre autres, à faciliter l'ouverture de centres d'injection supervisée au pays suscite des réactions partagées dans la capitale nationale.

S'il est adopté, le projet de loi C-37 fera en sorte que 5 grands critères devront être remplis pour permettre l'ouverture d'un centre d'injection supervisée, au lieu des 26 actuellement en vigueur. Il faudra, notamment, établir qu'un tel établissement répondrait à un réel besoin, que la communauté a été consultée et que l'impact sur la criminalité serait limité.

Le porte-parole de Santé publique Ottawa, Éric Leclair, accueille favorablement les changements législatifs proposés et réitère son appui à l'implantation d'un centre d'injection supervisée à Ottawa pour aider les personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.

« Nous examinerons les détails de l'annonce faite aujourd'hui par la ministre de la Santé », écrit-il dans un courriel. « Nous nous réjouissons à l'idée de collaborer avec tous les paliers de gouvernements alors que nous continuons de lutter contre la consommation de drogues dans notre communauté. »

Interrogée sur la pertinence des centres d'injection supervisée, peu de temps avant l'annonce de la ministre Philpott, la députée fédérale d'Ottawa-Centre, Catherine McKenna, s'est pour sa part dite bien consciente des enjeux dans ce dossier.

« Le gouvernement fédéral sait qu'on doit faire quelque chose pour aider ceux qui ont une dépendance », a-t-elle affirmé. « Les centres d'injection supervisée sont une solution. On va travailler avec chaque municipalité. »

La députée provinciale d'Ottawa-Vanier, Nathalie Desrosiers, abonde dans le même sens et est tout aussi favorable à l'idée.

« Ces sites semblent sauver des vies donc, c'est une responsabilité de la communauté d'évaluer si elle peut contribuer dans un tel contexte », a expliqué la députée Desrosiers. « Toutefois, il ne faut pas qu'un problème social en crée d'autres, alors c'est très important d'avoir des sites où toutes les meilleures pratiques sont observées. »

Un risque pour la communauté?

Le Service de police d'Ottawa (SPO) et son chef, Charles Bordeleau, restent septiques. Ils craignent que l'ouverture d'un tel centre dans la capitale ne fasse augmenter le taux de criminalité.

« Il s'agit avant tout d'une question de santé », peut-on lire dans un courriel d'un porte-parole du SPO. « Toute décision concernant l'implantation d'un centre d'injection supervisé doit faire l'objet d'une importante consultation publique [trad. libre]. »

Le courriel souligne que le Service de police d'Ottawa a reçu une proposition pour un centre d'injection supervisée et qu'il en évalue présentement les conséquences potentielles en ce qui concerne la « criminalité et le désordre public ».

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, n'était pas disponible, lundi soir, pour commenter le dépôt du projet de loi.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Toute la vérité sur la Vierge





Concours!



Rabais de la semaine