Retour

Projet de tunnel : le problème des camions ne ferait que se déplacer, croit un conseiller

Si l'option d'un tunnel est maintenant présentée comme une solution pour réduire l'abondance de camions dans les rues d'Ottawa, le conseiller de Rideau-Rockcliffe, Tobi Nussbaum, croit que cela ne ferait que déplacer le problème de la Basse-Ville vers Overbrook.

La firme Parson conclut dans son étude de faisabilité qu'un tunnel de 3,4 km pourrait être creusé sous la Basse-Ville et le quartier Côte-de-Sable. Il serait doté de deux voies dans chaque direction et relierait le pont Mcdonald-Cartier à l'échangeur de l'autoroute 417, à la hauteur de la promenade Vanier.

L'Association communautaire de la Basse-Ville applaudit cette idée, qui serait bien plus avantageuse qu'un pont, comme cela avait été proposé par la Commission de la capitale nationale avec le corridor de l'île Kettle.

« Les ponts sont un problème et on sait pourquoi : parce qu'ils ne font que déplacer le problème dans l'arrière-cour de quelqu'un d'autre », explique le directeur de la planification de l'Association, Peter Ferguson.

Selon lui, notamment avec la question des marchandises dangereuses et de leur encadrement, un pont engendrerait des difficultés pour d'autres quartiers.

Changer le mal de place

Paradoxalement, c'est sur la base de cet argument que le conseiller Nussbaum émet des réserves sur le projet de tunnel. « L'étude n'a pas examiné adéquatement les options pour atténuer les répercussions sur les collectivités avoisinantes à l'endroit où le tunnel rejoindrait l'autoroute 417 », affirme-t-il dans une lettre ouverte publiée sur son site.

Il cible particulièrement le carrefour giratoire proposé au niveau de la rue, qui ne ferait qu'intensifier considérablement le volume du trafic quotidien dans un rayon de 25 mètres d'un secteur résidentiel.

« Le consultant a manqué une occasion de proposer une jonction moins intrusive entre le tunnel et l'autoroute 417 qui aurait pu réduire le problème de circulation dense pour les résidents d'Overbrook », ajoute-t-il.

M. Nussbaum n'y voit pas cependant une fatalité. Il est persuadé que des améliorations au projet sont possibles, telles que la construction d'une jonction souterraine ou d'une connexion directe entre le tunnel et l'autoroute.

Par ailleurs, il estime que l'objectif de réduire de deux tiers la circulation de camions au centre-ville n'est pas suffisant.

« Sans une interdiction radicale, en l'espace de seulement 50 ans, le centre-ville se retrouverait avec le même nombre de camions que celui que nous nous efforçons actuellement d'éliminer », souligne-t-il.

Il est donc d'avis qu'il faudrait s'assurer que seuls les camions qui livrent à une adresse du centre-ville puissent circuler dans les artères du coeur de la capitale nationale.

Plus d'articles

Commentaires