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Protection des forêts : bientôt plus de pouvoirs pour des municipalités des CUPR

Au cours des prochains mois, les municipalités des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) qui en ont fait la demande pourront légiférer afin de protéger leur couvert forestier.

Un texte de Denis Babin

Depuis plusieurs années, cette question très controversée oppose, d’un côté, le milieu agricole et, de l’autre, les organismes à vocation environnementale, ainsi que les autorités approbatrices régionales.

André Perreault, qui manifeste contre la déforestation depuis quelques années en bordure de la route 34 au sud du village de Vankleek Hill, incarne bien cet enjeu.

« On perd tellement d'arbres et tout ça. […] C'est complètement fou! », lance l’activiste à propos des coupes à blanc sur les terres agricoles qui se sont multipliées dans la région au fil des ans.

Un couvert forestier insuffisant pour maintenir la biodiversité

En manifestant pancarte à la main dès qu’il en a l’occasion, André Perreault souhaite faire sa part, car la réalité sur le terrain le préoccupe au plus haut point.

Dans un monde idéal, au moins 30 % de la superficie des CUPR serait recouverte d'arbres, soit le seuil minimum qui permet le maintien de la biodiversité. Actuellement, les arbres occupent moins de 25 % du territoire.

« Des personnes aimeraient tout couper de Cornwall à aller jusqu’à Timmins et il n’y aurait pas de problème du tout. […] Il nous faut des arbres pour vivre », ajoute André Perreault.

Justement, sur le plan législatif, les choses commencent à bouger. En février, les Comtés unis vont déléguer aux municipalités qui en ont fait la demande le pouvoir d'adopter un règlement relatif à la protection des boisés.

« Si [les municipalités] décident de le faire, elles vont pouvoir contrôler l'abattage d'arbres dans les boisés. Les coupes à blanc, elles vont pouvoir contrôler ça », explique le directeur du département d’urbanisme et de foresterie des CUPR, Louis Prévost.

Une patate chaude pour les élus municipaux

Le maire de la Cité de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, fait partie de ceux qui ont exprimé leur intérêt pour un tel règlement.

Ce dernier ne se fait toutefois pas d'illusion. Il sait fort bien que les agriculteurs en général, de même que certains élus, ne sont pas très chauds à l'idée que l'abattage d'arbres soit réglementé.

« Nous, si on fait un règlement, j'ai l'intention de contacter les agriculteurs. Et on va s'asseoir ensemble et faire un règlement ensemble pour satisfaire toute la population », indique Guy Desjardins.

Quoi qu'il arrive, André Perreault a l'intention de garder le débat bien en vie, quitte à froisser la susceptibilité de certains au passage.

« Il y a beaucoup de monde qui ne m'aime pas. Beaucoup de fermiers ne m'aiment pas du tout. C'est parfait pour moi », conclut l’activiste.

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