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Qu'est-ce que les partis politiques comptent faire pour lutter contre les changements climatiques?

Pendant la campagne électorale fédérale, Brigitte Bureau répond à vos questions!

Un internaute veut savoir ce que les partis politiques entendent faire pour lutter contre le réchauffement de la planète?

RÉPONSE :

Cette question de notre internaute est plus pressante que jamais.

À compter du 30 novembre, une importante conférence de l'Organisation des Nations unies (ONU) sur les changements climatiques se tiendra à Paris. La communauté internationale va tenter d'en arriver à un nouvel accord sur le climat, afin de limiter la hausse de la température mondiale à moins de 2 degrés Celsius.

Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), qui fait autorité en la matière, les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites de 25 % à 40 % sous les niveaux de 1990, d'ici 2020, si on veut éviter les pires conséquences du réchauffement climatique.

Qu'entendent faire les partis politiques pour lutter contre les changements climatiques?

Le Parti vert propose une taxe sur le carbone, comme c'est le cas en Colombie-Britannique. Le Parti vert entend remettre aux Canadiens les revenus générés par ce programme pour compenser les hausses de prix envisagées.

« Nous fixerons une rente sur le carbone et verserons les fonds générés directement dans les poches des Canadiens de plus de 18 ans. Celle-ci prendra la forme d'un dividende annuel du carbone », explique-t-on.

Selon le Parti vert, « la redevance sur le carbone ne serait perçue que sur les carburants fossiles à la source, quand le charbon, le pétrole ou le gaz sortent de terre ou franchissent la frontière du Canada. »

Le Parti vert croit que « le Canada devrait s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % par rapport aux niveaux de 2005, d'ici 2025. Notre cible à long terme devrait être la neutralité carbonique d'ici 2050, grâce à des réductions ultérieures des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80 % à 90 %, comparé à 1990. »

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) entend établir une bourse du carbone, comme l'a fait le Québec et, prochainement, l'Ontario. En vertu d'un tel système, le gouvernement fixe une limite des émissions des gaz à effet de serre (GES) pour les plus grands pollueurs au Canada. Les entreprises qui dépassent ces quotas peuvent acheter des crédits d'émission d'autres entreprises moins polluantes.

Selon le NPD, les provinces, dont le plan répond déjà aux objectifs fédéraux ou les dépasse n'auront pas à adhérer au nouveau système national.

Les néo-démocrates s'engagent à réduire de 34 % les émissions de gaz à effet de serre sous les niveaux de 1990, d'ici 2030, et de 80 %, d'ici 2050.

Le Parti libéral (PLC) n'entend pas imposer un mécanisme à l'échelle du pays, compte tenu du fait que plusieurs provinces ont déjà élaboré leur propre système.

Il s'engage plutôt à établir des objectifs nationaux de réduction des émissions de GES. « Nous veillerons à ce que les provinces et les territoires aient les outils voulus pour élaborer elles-mêmes les politiques qui leur permettront de tenir ces engagements, y compris leurs propres politiques de tarification du carbone. [...] Nous octroierons un financement fédéral ciblé pour les aider à atteindre ces objectifs », explique-t-on.

Le Parti libéral n'a pas encore annoncé ses cibles de réduction des émissions de GES. Il s'engage à les fixer lors d'une réunion avec les premiers ministres provinciaux, qui serait organisée dans les 90 jours suivant la conférence de Paris.

Le Parti conservateur est le seul à refuser un plan qui imposerait d'une quelconque façon un prix sur le carbone. Selon lui, cette approche « tuera des emplois et augmentera le coût de l'essence, des aliments et de l'électricité. »

Il préconise plutôt la réglementation des différents secteurs d'activités économiques, comme l'énergie et les transports, pour limiter les émissions de GES. Le gouvernement Harper a annoncé « que le Canada prévoit réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30 % sous les niveaux de 2005 d'ici 2030. »

Le gouvernement conservateur se dit fier d'avoir déjà réduit les émissions de gaz à effet de serre. « De 2005 à 2013, les émissions canadiennes de gaz à effet de serre (GES) ont diminué de 3,1 % alors que l'économie a crû de 12,9 % », précise-t-il.

Analyse des propositions des partis

Selon Alain Webster, vice-recteur au développement durable à l'Université de Sherbrooke, les réalisations du gouvernement Harper à ce chapitre sont bien timides.

Il rappelle qu'à Copenhague, le Canada s'était engagé à réduire ses émissions de GES de 17 % sous les niveaux de 2005, d'ici 2020, alors qu'il les a réduites de 3 % seulement jusqu'à maintenant.

« On observe une petite réduction par rapport à 2005 », note-t-il. « Mais une réduction vraiment insuffisante par rapport aux objectifs déjà pris et nettement inférieure par rapport aux objectifs qu'on doit prendre pour faire partie de ces pays, qui prétendent être à l'avant-scène dans la lutte aux changements climatiques. »

Par ailleurs, selon M. Webster, l'idée d'imposer un prix sur le carbone sur la scène internationale constitue l'approche la plus largement reconnue. La Chine, l'émetteur de GES le plus important de la planète, vient d'ailleurs d'annoncer la création d'une bourse du carbone en 2017.

Selon Alain Webser, au Canada, le Parti vert et le NPD proposent présentement les cibles les plus ambitieuses et les mécanismes les plus détaillés pour réduire les émissions de GES.

Il fait remarquer qu'il est difficile de se prononcer sur le Parti libéral, qui n'a toujours pas fixé d'objectifs précis.

Enfin, pour ce qui est du Parti conservateur, son refus d'imposer un prix sur le carbone va à contre-courant de ce qu'on voit à l'échelle internationale.

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