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Quand les banques alimentaires sont la seule solution pour ne pas étudier le ventre vide

Chris Zhang savait qu'il allait faire face à de nombreux défis quand il a quitté la Chine pour venir étudier en génie informatique à l'Université Carleton, à Ottawa, mais il ne s'attendait pas à une chose : avoir faim.

« Avoir faim, c’est la pire des choses », affirme le jeune homme, qui est l’un des clients de la banque alimentaire de l’Université Carleton. « Vous n’arrivez pas à vous concentrer quand vous écoutez un professeur. Vous n’avez aucune idée de ce dont ils parlent. »

L’apparition des banques alimentaires sur les campus canadiens est relativement récente, mais il semblerait que ces dernières viennent répondre à des besoins de plus en plus croissants.

Une étude publiée en octobre 2016 par l’organisme à but non lucratif The Meal Exchange souligne que 40 % des étudiants inscrits dans un établissement universitaire ou collégial canadien sont en situation d’insécurité alimentaire.

L’étude révèle que les étudiants sont le segment de population qui s’accroît le plus rapidement au sein de la clientèle des banques alimentaires.

Manger ou étudier, un choix difficile

Chris Zhang raconte qu’il lui est souvent arrivé de jeûner afin d’économiser son argent pour acheter des livres, payer son loyer ou ses frais de scolarité d’étudiant international.

Avec le temps, il est devenu un client régulier de la banque alimentaire, au point de se proposer comme bénévole.

« Comme je reçois de la nourriture de ces gens, j’ai voulu aider. Je veux offrir mon aide en retour », explique-t-il.

La banque alimentaire de l’Université Carleton dessert par mois 110 clients, dont certains qui ont des personnes à charge. L’organisme a récemment décidé de comptabiliser ceux qui sont des étudiants étrangers.

« Nous voyons un nombre important d’étudiants internationaux qui utilisent le centre régulièrement », justifie le coordinateur de la banque alimentaire, Liam Harrington.

La faim ne discrimine pas

Mais il n’y a pas que les étudiants internationaux qui doivent choisir entre manger et étudier.

« La faim touche toute sorte de personnes, que vous ne penseriez jamais être en proie à l’insécurité alimentaire », fait valoir Kathryn LeBlanc.

Cette étudiante en traduction est bénévole à la Banque alimentaire de la Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa (FÉUO). Selon elle, il y a un lien évident de cause à effet entre la hausse du coût des études supérieures et cette hausse de fréquentation.

À la banque alimentaire du Collège Algonquin, qui existe depuis 2014, la tendance à la hausse se vérifie également. Si à ses débuts l’organisme servait 30 personnes par mois, en 2016 ce nombre s’est élevé à 80 personnes.

D'après un reportage de CBC

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