Depuis son arrivée à Ottawa, Ryan Lindley fait plus que jouer au football avec le Rouge et Noir. Il profite de son expérience au Canada pour apprendre le français. Pour l'aider à bien s'intégrer, ses coéquipiers lui ont même créé un alter ego québécois.

Un texte de Kim Vallière

« Bonjour, je m’appelle Steve Vachon et je viens de Saint-Georges de Beauce », lance Lindley en riant, lorsqu’on lui demande de se présenter dans la langue de Molière.

Ses amis francophones au sein du club ottavien ont décidé qu’avec sa grosse barbe à l’allure rustique, il pouvait représenter fièrement cette région.

Le natif de San Diego ne se destinait pourtant pas à l’apprentissage du français. Sa mère l’a toujours encouragé à maîtriser l’espagnol, en raison de la proximité de la ville du sud de la Californie avec la frontière mexicaine.

« Je suis semi-bilingue. Mais, je pourrais survivre plus facilement à Mexico, qu’au centre-ville de Montréal », lance à la blague le troisième quart-arrière du Rouge et Noir.

Il a visité la métropole québécoise pendant la semaine de congé de l’équipe, en compagnie de Jean-Philippe Bolduc, son colocataire. Les comparses en ont profité pour fréquenter quelques bons restaurants et ont fait un arrêt à Mont-Tremblant. Une pause bien méritée, après que le Rouge et Noir ait disputé trois matchs en onze jours.

« J’ai pu voir la culture et constater à quel point c’est différent là-bas. C’était vraiment une expérience qui m’a ouvert les yeux », raconte l’Américain de 28 ans. « Si je m’applique et que je réussis à avoir un bon accent, les gens pensent que je suis francophone, mais ce n’est qu’une façade. »

En plus de s’entourer de francophones dès qu’il en a la chance, le quart utilise une application pour développer son vocabulaire. L’apprentissage d’une troisième langue représente une bonne façon de se changer les idées lorsqu’il ne veut pas penser au football pendant quelques heures.

« Utiliser Duolingo ou parler aux gars en français, c’est beaucoup mieux que de jouer à des jeux vidéo ou regarder des films et perdre mon temps. Au moins, ça me permet de grandir comme individu », explique le francophile, qui estime avoir le vocabulaire d’un enfant de cinq ans.

Il ne manque pas de cobayes pour tester ses nouveaux apprentissages. Le Rouge et Noir compte sur un noyau solide de francophones. En plus de Bolduc, Patrick Lavoie, Antoine Pruneau, Arnaud Gascon-Nadon, Jason Lauzon-Séguin et Anthony Gosselin sont des réguliers sur le terrain.

Le groupe se surnomme même la « French Mafia ». Lindley espère pouvoir un jour être un membre à part entière de cette entité. « La décision finale revient au parrain, Patrick Lavoie. Mais ça ferait de moi une personne très heureuse », insiste Lindley, qui a appartenu à trois organisations de la NFL avant de tenter sa chance au nord de la frontière.

« Son apprentissage est surprenant », insiste Bolduc, son professeur attitré. Il se fait un devoir de lui enseigner les bons et les moins bons mots de la langue française, qui peuvent parfois être utiles dans un vestiaire. « Il est définitivement le meilleur anglophone qu’on a eu ici depuis longtemps. »

Un compliment qui fait plaisir au principal intéressé. Lindley s’est attaché d’une façon particulière aux francophones du Rouge et Noir et à leurs familles. Pour les décrire, le quart a rapidement appris des mots qu’il utilise en français, au milieu d’une phrase en anglais : « mes frères ».

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