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Quatre sujets marquants de la session qui s'achève à Queen's Park

Les députés provinciaux peuvent rentrer chez eux : l'Assemblée législative prend sa pause estivale. Les rebondissements n'ont pas manqué sur la scène politique durant les dernières semaines. Si des enjeux importants ont été abordés, comme les questions de financement et d'éthique, plusieurs observateurs sont restés sur leur faim. Quatre dossiers qui ont retenu l'attention durant les travaux.

1. Financement politique

Fortement critiquée pour la tenue de soupers-bénéfices dispendieux, la première ministre a fini par admettre que ses ministres avaient des cibles de financement qui pouvaient atteindre un demi-million de dollars, dans certains cas.

Kathleen Wynne a dû défendre l'intégrité de son équipe, et s'engager à réformer le système du financement politique en Ontario. L'opposition a saisi l'occasion pour dénoncer l'attitude du gouvernement même si elle a elle aussi largement profité de la loi actuelle.

Un projet de loi a été déposé en mai. Il prévoit notamment l'interdiction, dès janvier 2017, de tous les dons des entreprises et des syndicats.

2. La conduite des élus

Les questions d'éthique ont beaucoup fait couler d'encre. Le chef conservateur, Patrick Brown, a du réprimander son député de Carleton Mississipi-Mills, Jack MaClaren après que ce dernier eut fait plusieurs blagues vulgaires durant la tenue d'événements publics.

La première ministre Kathleen Wynne, qui avait reproché à son homologue conservateur de ne pas avoir puni le député assez sévèrement, a été prise à partie lorsqu'elle a révélé qu'elle avait dû exclure des membres de son propre caucus après des allégations de harcèlement sexuel.

Le gouvernement et l'opposition se sont accusés mutuellement de favoriser des comportements indignes de la fonction des élus.

3. Lutte contre le réchauffement climatique

Le plan du gouvernement pour réduire les gaz à effet de serre en Ontario n'a été présenté que le 8 juin. Pourtant, il a fait beaucoup réagir tout au long de la session parlementaire. Le ministre de l'Environnement, Glen Murray, avait promis de présenter son plan quinquennal au début de l'année. Les objectifs de la province sont ambitieux: réduire ses gaz à effet de serre de 15 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990, de 37 %, en 2030 et de 80 %, en 2050.

La province compte sur les revenus réalisés grâce à la vente de droits d'émission de gaz à effet de serre pour payer les coûts associés à la mise en oeuvre du plan. Le ministre Murray admet pourtant que les Ontariens pourraient payer en moyenne 13$ de plus par mois lorsqu'il sera en vigueur.

Comme le prix de l'électricité a déjà augmenté de près de 40% en Ontario depuis 2010, le plan vert du gouvernement fera sans doute partie des prochains enjeux électoraux. L'opposition s'est d'ailleurs montrée particulièrement critique dans ce dossier, accusant notamment la province de sous-estimer les coûts associés au plan.

Si l'idée de tarifer les émissions de gaz à effet de serre est appuyée par le NPD, plusieurs ont été surpris par le changement d'attitude de Patrick Brown qui a décidé d'accorder son soutien au même principe.

4. L'Université franco-ontarienne

Avec les excuses officielles présentées par la première ministre pour le Règlement 17, la session a bien commencé pour la communauté franco-ontarienne. Pourtant, plusieurs ont déchanté devant le peu de progrès réalisés dans le dossier de la création d'une université de langue française en Ontario.

La province avait admis, dès l'hiver, que le rapport du comité chargé d'étudier la question a été déposé sur le bureau du ministre de la Formation, des Collèges et des Universités, Reza Moridi.

Mais les Franco-Ontariens attendent toujours de savoir ce que compte faire le gouvernement. Le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), Alain Dupuis ne cache pas sa déception.

Le gouvernement pourrait annoncer, au cours des prochains jours, s'il entend créer une université franco-ontarienne et quelle forme elle pourrait prendre.

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