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Queen's Park : les Franco-Ontariens dans l'antichambre

C'est peut-être que les besoins sont plus nombreux, ou alors qu'ils ont changé. La province dira peut-être que c'est la communauté qui est devenue trop exigeante. Mais il semble que les Franco-ontariens ont de plus en plus de questions, et de moins en moins de réponses.

Alex Boissonneault

  Une chronique d'Alex Boissonneault

Soyons justes : ce sont des gouvernements libéraux qui ont donné le plus à la communauté. On célèbre d'ailleurs cette année le 30e anniversaire de la Loi sur les Services en français, qui est peut-être leur plus grande réalisation pour les francophones.

À bien des égards, la première ministre, Kathleen Wynne, a poursuivi sur la même lancée sur un plan symbolique notamment. Elle s'est adressée aux Franco-Ontariens dans leur langue, elle a piloté les célébrations du 400e anniversaire de la présence française en Ontario et elle a présenté des excuses officielles pour le Règlement 17.

Mais est-ce que ce bel élan touche à sa fin? Si Kathleen Wynne et la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, ont toujours de bons mots pour la communauté, elles manquent souvent de belles occasions d'agir.

De la parole aux actes

Il y a des raisons de croire que la province s'est refroidie devant les revendications franco-ontariennes. On a parlé du rapport du comité consultatif sur le projet d'université franco-ontarienne qui accumule la poussière sur le bureau du ministre de la Formation, des Collèges et des Université, Reza Moridi.

Il ne reste plus que sept jours de travaux parlementaires et toujours rien. Le rapport sera-t-il présenté en catimini durant l'été, alors que personne ne sera en mesure de réagir à Queen's Park? Ça augure bien mal. Surtout que Kathleen Wynne a laissé entendre qu'elle n'était pas chaude à l'idée d'offrir autre chose aux Franco-Ontariens qu'une amélioration des programmes en français.

Et il y a le Commissaire aux Services en français, François Boileau, qui a présenté cette semaine un rapport qui demande que la Loi sur les Services en français soit modifiée pour inclure la notion « d'offre active ». La ministre Meilleur, qui n'était pas disponible pour une entrevue, offre une réponse politicienne à ce point évasive que c'en est presque cliché.

Encore du chemin à faire pour les conservateurs

À l'inverse, Patrick Brown fait les yeux doux aux Franco-Ontariens. Il s'adresse aussi à eux dans la langue de Molière et appui formellement le projet d'Université de langue française en Ontario.

N'empêche qu'il a parfois l'air un peu seul dans son parti à s'intéresser pour de vrai aux intérêts de la communauté. La responsable conservatrice des affaires francophones, Gila Martow, mis à part quelques interventions ponctuelles, est le plus souvent invisible.

Surtout, les autres députés et les employés du parti, en général, montrent une indifférence marquée pour les affaires franco-ontariennes. Le chef s'est bien doté d'un bras droit francophone en la personne de Roxanne Villeneuve, mais il faudra un changement d'attitude collectif, si les conservateurs espèrent un jour ravir l'appui de la communauté.

Pour l'instant, tout ça rappelle un certain débat à Ottawa, il y a un an. Patrick Brown avait parlé en français de l'Hôpital Montfort. Monty McNaughton n'avait pas compris, Christine Elliott avait répondu qu'il fallait « servir les Ontariens dans le plus de langues possible » et un homme dans la salle avait crié « In English! ».

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