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Quel avenir pour l'énergie éolienne? La position des 4 principaux partis en Ontario

Les chefs des quatre principaux partis indiquent à Radio-Canada s'ils comptent modifier la Loi sur l'énergie verte.

Un texte de Colin Côté-Paulette

Le développement éolien de l'Ontario s'est accéléré sous les libéraux. L'Ontario compte près de 3000 éoliennes sur son territoire en 2018. Les installations, surtout par la manière dont elles sont mises en place dans certaines communautés, suscitent des débats houleux dans plusieurs régions de la province.

Depuis l'instauration de la Loi sur l'énergie verte, en 2009, 2446 éoliennes ont été installées dans la province, selon des statistiques fournies par l'Association canadienne de l'énergie éolienne à la fin de 2017.

Selon cette législation, l’appui d'une communauté où sont construites les éoliennes est souhaitable, mais il n’est pas indispensable pour aller de l'avant avec un projet.

Vue au départ comme une solution de rechange idéale à l'énergie fossile, l'énergie éolienne a peu à peu soulevé la grogne de résidents qui se plaignent des effets collatéraux des parcs éoliens.

Certains experts ont aussi affirmé que l'Ontario n'a pas besoin de ce surplus d'énergie et que le nombre grandissant d'éoliennes contribue à l'augmentation de la facture d'électricité des habitants.

Le prochain gouvernement ontarien déterminera dans quelle direction le vent éolien soufflera au cours des prochaines années.

Parti vert

Le chef du Parti vert de l'Ontario, Mike Schreiner, se dit en faveur de l'énergie éolienne, mais pas de la manière dont celle-ci a été implantée par le gouvernement lors des dernières années.

« Je comprends que [les habitants opposés à l’énergie éolienne] soient fâchés contre les libéraux, mais ne soyez pas fâchés contre une technologie qui a été implantée avec succès partout ailleurs dans le monde », souligne le politicien.

M. Schreiner croit que l’énergie éolienne peut créer des emplois et de la richesse dans les communautés abritant ce genre de projet, tant que certaines mesures sont respectées.

« On aurait la même règle qu’au Danemark, c’est-à-dire que 20 % des projets d’énergie renouvelable appartiennent à des membres de la communauté où ils sont implantés », précise-t-il.

S'il est élu, M. Schreiner promet aussi de modifier la Loi sur l'énergie verte.

Parti progressiste-conservateur

Bien avant que la campagne électorale ait débuté, le leader conservateur Doug Ford décriait les parcs éoliens de la province lors de ses sorties publiques.

« La Loi sur l'énergie verte de Kathleen Wynne est un désastre », indique le chef des conservateurs.

Il faut néanmoins mentionner que lorsque la loi a été votée, c'était Dalton McGuinty qui était premier ministre de l'Ontario et non Mme Wynne.

M. Ford promet d'abolir la loi.

Lorsqu'on lui demande comment il s'y prendra, le politicien reste évasif.

« Nous aurons une politique énergétique qui place les gens qui travaillent fort avant les amis des libéraux », s'est contenté de répondre M. Ford.

Nouveau Parti démocratique

La chef des néo-démocrates, Andrea Horwath, dit qu'elle soutient le concept de la Loi sur l'énergie verte, mais déplore que les libéraux aient donné le secteur de l'énergie verte ontarien à des compagnies privées.

« L'énergie verte devrait aller de pair avec la participation des municipalités, des communautés autochtones et des coopératives », affirme-t-elle.

Sans promettre de modifier la loi afin de donner plus de pouvoirs aux municipalités, Mme Horwath propose d'atténuer les tensions autour des projets éoliens afin de redorer leur blason.

« La richesse provenant de ces projets doit revenir aux municipalités et aux communautés », déclare la néo-démocrate.

Parti libéral

Le Parti libéral défend son bilan en disant que les projets éoliens de la province sont tous soumis à des études d'impact environnemental et à des consultations publiques.

Si Kathleen Wynne est réélue, il n'est pas encore clair de ce qu'il adviendra des futurs parcs éoliens.

« On a atteint un point en 2016 où, après des années d'investissements en énergies propres, on n'avait pas besoin d'aller plus loin. C'est pourquoi on a suspendu notre programme de grands projets d'énergie renouvelable », écrit un porte-parole du Parti.

À propos de la hausse des factures qui serait reliée à l'énergie éolienne, les libéraux affirment avoir hérité d'un système d'électricité provincial négligé par les précédents gouvernements conservateurs, bien que le Parti libéral soit au pouvoir depuis 2003.

Trois projets de fermes éoliennes sont toujours en attente d'une approbation de la province : Otter Creek, LSRA Solar et Strong Breeze Wind.

D'après le groupe citoyen Wind Concern Ontario, ces contrats valent plusieurs millions de dollars.

Le scrutin se tiendra le 7 juin.

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