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Quels sont les critères qui déterminent la hauteur des immeubles à Ottawa et à Gatineau?

Ne construit pas un édifice de plusieurs étages qui veut! À Ottawa et à Gatineau, l'exercice est beaucoup plus complexe que l'on puisse se l'imaginer.

Un texte de Angie Bonenfant

Des résidents qui s'opposent à un projet de tour à condos de 14 étages sur la rue Rideau, à Ottawa...

Un projet de tours résidentielles de 55 étages dans le secteur Hull qui ne fait l'unanimité, à Gatineau... 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les tours d'habitation n'ont pas la cote, ces jours-ci.

Un sondage réalisé par la firme Segma Recherche pour le compte de Radio-Canada révélait, mardi, que près de 60 % des résidents d'Ottawa et de Gatineau s'opposent à la construction de grandes tours d'habitation.

Les immeubles d'une cinquantaine d'étages sont les moins appréciés des répondants. La majorité dit tolérer, au maximum, des tours de 20 à 30 étages.

Comment détermine-t-on les sites où des mégatours peuvent être construites? Quels critères déterminent la hauteur d'un édifice?

À Ottawa et à Gatineau, les processus sont distintcs.

Ottawa : favoriser le bon développement de la ville

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1. À Ottawa, au centre-ville, la tour de la Paix est la référence. Les bâtiments construits dans cette partie de la ville ne peuvent pas faire ombrage, dominer ou cacher le Parlement.

« C'est clairement exprimé dans les plans officiels de la ville et dans nos arrêts de zonage », a expliqué en entrevue Tim Merman, urbaniste à la ville d'Ottawa. « Il faut respecter un angle de vue. Cet angle a été calculé lors d'études effectuées dans les années 1970-1980. »

2. Les immeubles de 30 étages et plus sont généralement construits en périphérie des stations de transport en commun, sur l'ensemble du territoite de la capitale nationale. La Ville veut que les résidents de ces tours choisissent de se déplacer en autobus plutôt qu'en voiture afin de réduire l'impact sur la circulation automobile.

« Dans les années 1950-1960, les urbanistes s'inquiétaient de la densification et voulaient l'éparpiller sur tout le territoire », a raconté Tim Merman. « C'était une autre époque et cela a eu des conséquences inattendues. Présentement, on veut que cette densification se fasse dans des endroits qui ne freineront pas le bon développement la ville. »

3. Les urbanistes de la ville d'Ottawa veulent aussi conserver une certaine harmonie entre les nouveaux et les anciens édifices.

« Mais ça ne veut pas dire que tous les nouveaux bâtiments doivent avoir la même grandeur, la même hauteur ou la même masse », a précisé M. Merman. « L'important, c'est de garder une certaine proportion pour que les nouveaux bâtiments ne dominent pas ceux qui sont déjà construits. »

Bien entendu, certains changements de zonage sont accordés. Tim Merman explique toutefois qu'ils le sont toujours en fonction des principes d'urbanisme établis dans les plans officiels de la ville.

Gatineau : Densification à des endroits stratégiques

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1. À Gatineau, la hauteur des immeubles est déterminée par zone. Le territoire gatinois compte quelque 2600 zones. 

Le nombre minimal et maximal d'étages permis est établi en fonction de l'occupation actuelle de la zone et des orientations que la Ville s'est données dans le concept du schéma d'aménagement et dans le plan d'urbanisme.

« C'est dans le concept du schéma d'aménagement, par exemple, que l'on va déterminer de densifier l'île de Hull », a expliqué en entrevue le président du Comité d'urbanisme de Gatineau Richard Bégin.

« Depuis les années 1960, on a remarqué que ce secteur a perdu 10 % de ses habitants. C'est le coeur de notre ville. On va regarder certaines zones sur l'île de Hull et on va déterminer celles où on devrait mettre des tours de cinq, six ou dix étages afin de favoriser une plus forte densification. »

2. Les axes principaux de communications tels que le long des autoroutes, des artères principales ou du Rapibus sont privilégiés par les élus. « C'est à ces endroits que vont se retrouver les édifices les plus importants en terme de hauteur et du nombre de logis », a raconté M. Bégin.

« À titre d'exemple, le long du chemin d'Aylmer, tout un complexe immobilier s'est construit autour du Château Cartier. Le long du boulevard du Plateau, il y a une concentration d'édifices plus élevés. Et sur l'île de Hull, il y a un certain nombre de projets qui ont été acceptés tel que The VIU. »

3.Tout se fait aussi dans un souci d'économie. « Dans l'approche actuelle, on cherche à éviter l'étalement urbain. On favorise la densification plus proche du centre-ville et plus proche des artères principales », a précisé Richard Bégin.

« À l'opposé, on va décourager la densification plus loin des extrémités ouest et est de la ville parce que cela a des répercussions sur les systèmes d'aqueduc, d'égoût, de transport en commun et scolaires. »

4. Et bien entendu, tout est aussi une question de look. Par exemple, le projet de deux tours de 33 étages du groupe Heafey a dû tenir compte de certains critères d'esthétisme pour qu'il soit accepté.

« Sur le bord de la rue, il n'y a que trois étages. Les tours elles-mêmes sont plus en recul pour maintenir une atmosphère agréable pour le piéton. »

De par la loi, le citoyen gatinois a toujours son mot à dire dans la construction d'un nouvel édifice, mais le processus peut être long et fastidieux.

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