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Qui rejette quoi dans la rivière des Outaouais?

Arsenic, phosphore, formol; des milliers de kilos de polluants ont été rejetés dans les cours d'eau de l'Outaouais entre 2002 et 2013, selon les données fédérales compilées par Radio-Canada. Plusieurs déversements se sont produits de façon accidentelle.

Avec les informations de Bahador Zabihiyan

En tout, plus 926 000 kilos de polluants se sont retrouvés dans la rivière des Outaouais, selon les chiffres d'Environnement Canada. Toutefois, les données ne compilent pas les rejets effectués du côté ontarien de la rivière.

Radio-Canada a analysé l'Inventaire national des rejets de polluants, une base de données de l'organisme fédéral. Chaque installation qui pollue un cours d'eau doit soumettre l'information à environnement Canada sur une base annuelle.

Source : Données d'Environnement Canada compilées par Radio-Canada (2002-2013)

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Au total, cinq sources sont responsables de ce rejet de polluants, soit deux usines d'épuration de la Ville de Gatineau, les entreprises Papiers Whitebirch et Résolu de Gatineau ainsi que l'usine Papier Fortress de Thurso.

Trois plus grands polluants : phosphore, manganèse et nitrate

C'est le phosphore qui arrive au premier rang en Outaouais. Les données fédérales indiquent que 309 500 kilos de ce polluant ont été rejetés dans les cours d'eau du Québec depuis 2002. Le principal pollueur est l'usine Papiers Whitebirch de Masson, suivi des stations d'épurations d'eaux usées municipales.

Pour ce qui est des stations d'épurations, le phosphore provient des excréments ou des rejets agricoles, selon Benoit Barbeau, professeur en génie civil à l'École polytechnique de Montréal.

Quant au manganèse, le deuxième polluant le plus déversé en Outaouais, il s'agit d'un des métaux les plus communs, selon M. Barbeau.

Au troisième rang des polluants déversés dans la rivière des Outaouais arrive le nitrate, majoritairement déversé par l'usine Papiers Whitebirch, selon les données d'Environnement Canada.

Des déversements dans les normes?

Les usines peuvent rejeter une certaine quantité de polluants dans les cours d'eau, en fonction de normes strictes, explique Michèle Prévost, professeure de génie civil à l'École polytechnique de Montréal.

M. Barbeau explique qu'il faut mettre tous ces chiffres en contexte. Des normes de concentrations dans l'eau sont fixées au Québec pour chacun de ces polluants.

Ainsi, 17 tonnes d'arsenic ont été déversées dans les cours d'eau québécois depuis 2003. « Si tu dis le mot arsenic, c'est inquiétant. Mais après ça, il faut toujours nuancer avec les concentrations. L'arsenic est un composé que l'on retrouve naturellement dans l'environnement, mais il y en a aussi dans les produits synthétiques que l'homme utilise », dit M. Barbeau.

En Outaouais, 37 kilos d'arsenic ont été rejetés. C'est la Ville de Montréal qui a rejeté le plus d'arsenic dans les cours d'eau depuis 2003, avec 3,9 tonnes. 

Quoi qu'il en soit, c'est un constat qui dérange Sentinelle Outaouais. L'organisme, qui défend la protection des eaux de la rivière des Outaouais, souhaiterait que le gouvernement contrôle davantage les rejets de polluants.

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