Fondée en 1999, la compagnie française La Machine débarque dans la capitale nationale avec deux de ses créations uniques. Dans les prochains jours, un dragon-cheval et une araignée déambuleront dans les rues d'Ottawa. Portrait des artisans qui se cachent derrière ce spectacle.

Un texte d'Agnès Chapsal et de Yasmine Mehdi

Réfugié dans le Musée de l’aviation et de l’espace, le directeur artistique et fondateur de la compagnie La Machine, née dans la ville de Nantes, donne quelques indications aux employés qui manient les machines loins des yeux du grand public.

Au total, ce sont plus de 400 personnes - artisans comme agents de sécurité - qui rendront possible la course-poursuite du cheval-dragon Long Ma, haut de 15 m et lourd comme un rorqual boréal, et de l’araignée « Kumo », dans les rues de la capitale-nationale.

Comme beaucoup d’autres machines géantes, elles sont le fruit de l’imagination de François Delarozière. L’artisan a notamment dessiné La Petite Géante et le Scaphandrier, qui sont passées dans les rues de Montréal pour souligner le 375e anniversaire de la métropole, pour la compagnie de théâtre de rue Royal de Luxe, lancée il y a 30 ans à Nantes.

« Je puise mon influence dans l’histoire de l’art, de l'architecture, de la construction industrielle, navale et aéronautique, mais je m’inspire surtout de la nature », a-t-il expliqué en entrevue à Radio-Canada.

« Je ne dessine pas une machine qui ressemble à la nature, je dessine une machine vivante qui s’inspire de la nature dans sa grâce et ses mouvements », soutient-il.

« On a un énorme travail technique et technologique », raconte Fredette Lampre, chargée des communications, de la vente et des partenariats. « On a un bureau d’étude avec des ingénieurs en hydraulique, en mécanique on travaille avec un docteur en robotique, on fait beaucoup de recherches et de développements ».

La compagnie, une association à but non lucratif, emploie des salariés d’horizon extrêmement divers.

« Il y a plus de 50 métiers différents, des soudeurs, des chaudronniers, des serruriers, côté bois, on a des ébénistes, des menuisiers », a énuméré Mme Lampre.

« L’un est poète et ingénieur, l’autre est musicien et menuisier, un est soudeur et peintre. On n’est jamais qu’une seule chose », a renchéri M. Delarozière.

Des enjeux économiques majeurs

Partie d’une « idée farfelue » qui est de créer des animaux géants qui se promènent dans les rues, la compagnie vise à transformer les villes « en théâtre ».

Pour la Ville de Nantes, dont certains quartiers étaient des friches industrielles, le futur semble s’éclaircir depuis le succès de La Machine.

Avec ses installations permanentes dans la ville du nord-ouest de la France, la compagnie attire désormais entre deux et trois millions de visiteurs par an. Chacun d’entre eux dépenserait 40 $ dans les commerces de proximité, selon les chiffres avancés par Mme Lampre.

Au-delà des retombées économiques, Mme Lampre estime que ces structures mobiles viennent modifier la conception de la ville et de ses habitants.

« Il y a cette idée qu’on n’est pas juste des consommateurs, on est aussi des citoyens et je crois que c’est pour ça que les politiques s’intéressent à nous », a-t-elle poursuivi.

« C’est vraiment une volonté politique forte de se dire que la culture peut être un levier économique pour une ville ».

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