Alors que la dette de l'Ontario continue de grimper, les trois principaux partis politiques prévoient un déficit budgétaire pour financer leurs promesses. Ainsi, la dette fait partie des plus importants enjeux de la campagne pour quatre Ontariens sur dix, selon un récent sondage de la firme Ipsos Reid.

Un texte d’Eve Caron

En 2018, la dette nette devrait atteindre 308,2 milliards de dollars selon les projections de l’Office ontarien de financement. Ça représente 22 014,50 $ par Ontarien.

Cette année, la dette devrait coûter aux Ontariens 12,5 milliards de dollars en intérêts. Après la santé, l’éducation, les services sociaux et les services à l’enfance, il s’agit de la quatrième dépense la plus importante.

Pour évaluer la santé financière d'un état, on mesure sa dette en fonction du produit intérieur brut d’une économie, soit la valeur des biens et services produits sur un territoire. Cette mesure s’exprime sous forme de pourcentage : plus il est élevé, plus il sera difficile pour l’état de rembourser la dette.

En Ontario, le ratio dette-PIB a légèrement reculé au cours des deux dernières années. Il se situe à 37,1 %, soit en dessous de celui du Québec (43,9 %) mais au-dessus de celui du Canada (30,1 %).

Que proposent les partis?

Cette année, les revenus de la province devraient atteindre 152,5 milliards de dollars principalement grâce à différentes taxes (de vente, scolaire, sur l'essence), aux impôts (des particuliers et des entreprises, entre autres), et aux transferts fédéraux. Malgré cela, les trois partis prévoient un déficit budgétaire pour financer leurs promesses.

Dette et politique

Le déficit fait partie du discours politique des politiciens parce qu’il permet de financer des projets d’infrastructure et des programmes lorsque les revenus de la province ne sont pas assez élevés. Traditionnellement, les gouvernements se tournent vers des déficits pour stimuler l'économie lors d'une récession comme celle de 2008-2009.

Selon Laure Paquette de l’Université Lakehead, les partis politiques tentent depuis une trentaine d'années de réduire les dépenses pour rembourser la dette. Cependant, c'est plus facile à dire qu'à faire, selon Mme Paquette.

Recherche : Marie-Ève Dumulong

Graphiques : Vincent Wallon

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