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Réactions positives au rapport sur l'Unité des enquêtes spéciales

L'Association des policiers d'Ottawa, la coalition Justice pour Abdirahman et le procureur général de l'Ontario font partie de ceux qui accueillent favorablement les conclusions du rapport du juge Michael Tulloch, lequel recommande une réforme majeure de l'Unité des enquêtes spéciales (UES) de l'Ontario.

Dans son rapport rendu public jeudi, le juge répond à certaines demandes du groupe Justice pour Abdirahman, cet homme d'origine somalienne mort à la suite d'une intervention policière à Ottawa, l'été dernier.

Le juge Tulloch réclame plus de transparence de la part de l'UES, qui enquête sur les « incidents à l'origine de blessures graves, de décès ou d'allégations d'agressions sexuelles, dans lesquels la police est en cause ». Cette transparence est une des principales demandes de la coalition Justice pour Abdirahman.

L'UES devrait notamment maintenir une base de données sur l'origine ethnique des personnes interpellées par les policiers, selon le juge. Il croit également que le gouvernement devrait implanter une loi pour lutter contre le racisme de façon générale.

Dans un communiqué publié vendredi, Justice pour Abdirahman a déclaré que ses membres appuyaient les recommandations du rapport. « Si elles sont mises en oeuvre, nous croyons que ces recommandations aideront à répondre aux préoccupations de transparence et de responsabilité, de même qu'à regagner la confiance du public », a commenté un membre de la coalition, William Felepchuk.

Les noms des policiers visés par une enquête resteront secrets

Par contre, le rapport Tulloch suggère de garder la politique actuelle consistant à ne pas identifier les policiers faisant l'objet d'une enquête externe, contrairement à ce que souhaitait la coalition. Selon le juge, un agent ne devrait être identifié que si des accusations sont portées, parce que les préjudices potentiels sont trop importants.

« Même si nous croyons fermement que les noms des policiers mis en cause devraient être rendus publics, nous comprenons les enjeux légaux entourant cette problématique et le besoin de prudence. Cela dit, nous voulons que d'autres solutions soient explorées, comme une base de données à accès restreint dans laquelle ces noms seraient inscrits », a indiqué Farhia Ahmed, coprésidente de Justice pour Abdirahman.

Le président de l'Association des policiers d'Ottawa, Matt Skof, a pour sa part qualifié le rapport de « juste » et « équilibré ». Il reconnaît que le public doit recevoir plus d'informations durant les enquêtes de l'UES, mais il se réjouit aussi de la décision de ne pas nommer les policiers durant le processus.

« Alors maintenant, nous avons plus d'informations que le public peut voir, mais sans les noms des constables, des agents, puis des autres témoins du public, ça va être un système très balancé », a estimé M. Skof.

Recruter plus de membres de communautés culturelles

Le juge Tulloch recommande aussi que les organismes de surveillance de la police recrutent davantage de personnes issues des communautés sous-représentées. La commissaire à la Commission des droits de la personne de l'Ontario, Léonie Tchatat, est d'accord avec cette idée.

« Je pense qu'il est important d'avoir cette diversité pour apporter une perspective beaucoup plus objective », a commenté Mme Tchatat.

De son côté, le procureur général de l'Ontario, Yasir Naqvi, a accepté de mettre en place immédiatement certaines recommandations du rapport, notamment celle de publier des informations sur toutes les morts impliquant des policiers depuis 1990 dans la province.

Depuis la création de l'Unité des enquêtes spéciales, en 1990, 15 policiers ont été accusés, mais aucun d'entre eux n'a été reconnu coupable.

Le Service de police d'Ottawa n'a pas souhaité commenter le rapport pour l'instant.

Avec les informations du journaliste Guillaume Dumont

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