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Réactions prudentes dans la région au rapport fédéral sur la légalisation de la marijuana

Des représentants des milieux communautaire, policier et municipal de la région réservent un accueil prudent au rapport du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis, dont les détails ont été dévoilés mardi.

Les membres du comité, mis sur pied en juin dernier, recommandent notamment d'établir à 18 ans l'âge minimum pour acheter de la marijuana. Ils suggèrent également d'autoriser les Canadiens à cultiver jusqu'à quatre plants de cannabis par résidence à des fins personnelles non médicales.

Certains intervenants en toxicomanie de l'Outaouais estiment que la légalisation attendue de la marijuana leur permettra de concentrer leurs efforts sur le traitement des personnes qui pourraient en être dépendantes et sur la sensibilisation.

Le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO), Yves Séguin, rappelle que le gouvernement fédéral va tirer profit de la vente légale de la drogue. Il est donc d'avis que ce dernier devrait réinvestir massivement dans la sensibilisation du public, entre autres, en matière de conduite avec les facultés affaiblies.

« Il ne faut pas que ça soit des voeux pieux », lance-t-il. « Il faut que ça soit un message justement pour dire que fumer et conduire ça n'a pas sa place. »

Pour nous, ce qu'il faut, c'est investir [...] pour que les gens puissent prendre des décisions éclairées.

Yves Séguin, directeur général du CIPTO

M. Séguin ajoute qu'il faut aussi parler des risques associés à la consommation du cannabis.

Le Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis abonde dans le même sens et fait de l'éducation du public une question primordiale, dont la responsabilité doit être partagée entre les différents ordres de gouvernement.

La porte-parole de l'organisme Les mères contre l'alcool au volant (MADD), Marie-Claude Morin, aurait toutefois aimé voir des suggestions plus concrètes quant à l'encadrement législatif de la marijuana.

« On aurait aimé avoir quelque chose de plus structuré pour encadrer la conduite avec facultés affaiblies par le cannabis », explique-t-elle. « Si on n'a pas de limites légales, ce sera très difficile de justifier les arrestations. »

Du financement nécessaire, selon les chefs de police

À l'Association canadienne des chefs de police (ACCP), traditionnellement opposée à la légalisation du cannabis, on indique qu'il faudra du financement pour mieux former et outiller les agents, afin de mieux détecter les conducteurs ayant consommé de la marijuana.

« Est-ce qu'on va avoir les ressources et les moyens pour pouvoir appliquer cette nouvelle réglementation dans les provinces et les municipalités? », se questionne le président de l'ACCP, Mario Harel. « C'est un gros point d'interrogation au moment où l'on se parle ».

Distribution de la marijuana

La recommandation du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis de faire de la vente de la marijuana une responsabilité provinciale et territoriale, en collaboration avec les municipalités, est bien accueillie par le conseiller du quartier Rideau-Vanier d'Ottawa, Mathieu Fleury.

Ce dernier souhaite même que les provinces créent des régies de distribution de cannabis récréatif, un peu comme c'est déjà le cas avec la vente de l'alcool. Il préfère cette option à la prolifération actuelle de comptoirs de vente de marijuana médicinale.

« Est-ce qu'on va leur permettre de continuer d'opérer? Moi je souhaite que non », dit M. Fleury.

Le gouvernement fédéral promet de présenter un projet de loi sur la légalisation du cannabis d’ici le printemps prochain.

Avec les informations de la journaliste Mireille Langlois

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