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Réfugiés et immigration : l’auteure Andrée Poulin raconte aux enfants

Andrée Poulin s'inspire de l'actualité et d'enjeux sociaux pour écrire des histoires jeunesse qu'elle présente aux enfants sous forme d'ateliers interactifs. Son dernier livre Y'a pas de place chez nous est finaliste pour le prix TD de littérature canadienne pour l'enfance et la jeunesse.

Un texte de Christelle D'Amours pour Les malins

Dans cette classe de 4e année de l’école Parc-de-la-Montagne en Outaouais, on pourrait entendre une mouche voler. Les élèves de Mme Manon Girard écoutent attentivement l’auteure jeunesse Andrée Poulin raconter l’inspiration de son tout dernier livre Y’a pas de place chez nous.

« Quand j’ai vu cette photo-là […] je me suis dit : " il faut faire quelque chose " », dit Andrée Poulin en dévoilant la célèbre photo du petit Aylan Kurdi, trois ans, échoué sur une plage turque.

L’auteure explique que cette image lui a donné le goût de parrainer une famille de réfugiés syriens installés dans la région, mais lui a aussi inspiré l’histoire de Marwan et Tarek, les deux héros de son livre. Leur épopée est celle d’une famille qui fuit son pays en guerre pour trouver refuge sur une terre d’accueil.

Y’a pas de place chez nous d’Andrée Poulin se retrouve parmi les finalistes du prix TD qui sera remis, le mercredi 8 novembre, au livre le plus remarquable de l'année écrit pour des jeunes âgées de 0 à 12 ans.

L’importance d’écrire des « livres résistants »

« Je me suis sentie un peu bizarre, parce que quand on lisait l’histoire, il y avait beaucoup de gens qui ne voulaient pas que les réfugiés entrent [dans leur pays] », exprime Léa, une élève de la classe de Mme Girard.

« Elle est là la puissance des livres », répond Andrée Poulin. « Que ça puisse susciter, chez les enfants, autant d’empathie. » D’ailleurs, ce sont ces témoignages d’enfants, en réaction à ses histoires, qui réconcilient chaque fois l’auteure avec l’écriture et lui donnent l’énergie de continuer à en inventer.

Dans le langage des auteurs, ces récits traitant d’enjeux plus difficiles et portant à réflexion sont des livres résistants.

Elle s’appuie d’ailleurs sur ceux qu’elle appelle « les passeurs de livres » comme les professeurs engagés et les parents qui lisent des histoires à leurs enfants pour continuer à propager l’amour des livres.

Intéresser les enfants à la littérature

« Il faut travailler très fort pour intéresser les jeunes aux livres », affirme Mme Poulin.

« C’est le grand défi des auteurs jeunesse en 2017, parce qu’on vit dans une ère du visuel. [...]Les enfants sont entourés d’écrans », ajoute-t-elle.

Dans ce contexte, elle croit qu’il est d’autant plus important de trouver des moyens alternatifs de piquer la curiosité des enfants. C’est pourquoi Andrée Poulin offre des ateliers dans les classes.

Lors d’échanges interactifs avec les élèves, elle leur présente d’où viennent ses idées et ses inspirations, comment elle s’y prend pour faire ses recherches et les aventures qui lui arrivent lorsqu’elle écrit.

« Ce que je souhaite, c’est que ça leur donne le goût de lire », dit l’auteure.

Manon Girard, enseignante de 4e année à l’école Parc de la montagne, constate les répercussions directes de ces échanges entre l’auteure jeunesse et les élèves de 2e cycle du primaire.

« Après sa visite, il y a comme un goût pour l’écriture chez les enfants », explique la professeure qui en profite d’ailleurs pour réinvestir l’énergie renouvelée des enfants au profit de projets de rédaction.

Voici quelques réactions des élèves à la suite de l’activité avec Andrée Poulin :

  • « Ça m’a déjà donné le goût d’écrire des petits livres. Moi j’ai vraiment aimé ça, c’était le fun. »
  • « J’ai vraiment aimé en savoir plus sur le livre et les images. Comment elle a voulu faire ça. »
  • « Moi aussi, ça m’a donné le goût d’écrire, parce que j’aime beaucoup écrire. Mais aussi, chez moi, je fais des dessins et je fais des émissions en papier. »
  • « J’ai compris mieux ce qu’il y a en Syrie et comment les réfugiés vivent quand ils sortent de leur pays. Il y a des pays vraiment qui [les] refusent. »
  • « J’ai compris que, quand il y a de la guerre, c’est dangereux pour les civils et ceux qui n’ont rien pour se défendre. »
  • « Si dans ton pays tu as la guerre et qu’il y a un membre de ta famille qui est mort, bien c’est touchant. »
  • « L’histoire m’a touchée un peu, parce que si c’était notre pays qui était en guerre, on ne voudrait pas ça. [...] J’ai appris comment on va faire pour se sauver et comment survivre à des guerres. »
  • « Il y a beaucoup de gens qui n’aiment pas aider et peu de gens qui veulent aider. Ce n’est pas l’unanimité. »
  • « À la fin ils se sont trouvés et on a souri. »
  • « C’est un moment important pour moi, parce que j’ai appris qu’il ne faut pas refuser le monde d’autres pays.  »

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