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Réglementation d'Uber à Ottawa : les chauffeurs de taxi font entendre leur mécontentement

Plusieurs chauffeurs de taxi sont sortis en trombe de la salle du conseil municipal d'Ottawa, où se tenaient vendredi pour une deuxième journée les audiences sur la future réglementation d'Uber.

Les chauffeurs ont bondi de leur siège quand le comité à voté à 7 voies contre 3 contre l'imposition de caméras de surveillance dans les véhicules d'Uber, comme c'est le cas dans les taxis.

La présidente du comité des services communautaires et de protection, Diane Deans, avait demandé aux chauffeurs de ne pas perturber la réunion.

« Vous perturbez nos vies! » a aussitôt rétorqué un chauffeur.

Les membres du comité ont approuvé une série de résolutions qui pavent la voie à la légalisation d'Uber à Ottawa.

Les élus signifieront donc à l'Agence du revenu du Canada leur intention de créer une nouvelle catégorie de véhicule, pour qu'Uber inclue désormais la TPS dans le prix de ses courses.

Le comité s'est également entendu pour repousser au 30 septembre, plutôt qu'au 30 juin, l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de l'industrie du taxi et du covoiturage.

Toujours parmi les résolutions adoptées par le comité, il a été décidé que le coût des déplacements à bord des services comme Uber serait majoré de 11 cents par course.

La résolution visant la modernisation de la formation pour chauffeurs du collège Algonquin a quant à elle été rejetée, seule l'idée d'une formation pour le transport adaptée a été conservée.

Toutes ces résolutions feront l'objet d'un vote final lors de la prochaine réunion du conseil municipal d'Ottawa, le 13 avril.

Élus méfiants

Plus tôt vendredi, certains élus se sont dits frustrés de manque de réponses claires des représentants d'Uber, jeudi, à l'occasion d'une rencontre du comité des services communautaires et de protection.

« Je ne suis pas à l'aise avec les recommandations du rapport. Je pense que beaucoup plus doit être fait au niveau réglementaire », indique le conseiller Michael Qaqnish du quartier Gloucester-Nepean-Sud.

Il ajoute que la relation de confiance entre Uber et la Ville d'Ottawa doit s'améliorer.

Uber s'est dit déjà satisfait des conclusions du rapport de KPMG, le qualifiant « d'équitable pour tous », et avait indiqué être prêt à travailler de concert avec la Ville.

Le ton a cependant changé chez les élus. Comme son collègue Michael Qaqnish, le conseiller Rick Chiarelli reproche à Uber de ne pas répondre franchement aux questions qui lui sont posées.

« On ne nous répond pas directement, notamment à savoir si la compagnie va continuer d'opérer illégalement à Ottawa en attendant que des règles soient en place », déplore t - il.

Uber là pour rester

La présidente du comité, Diane Deans, a tenu à rappeler que l'ouverture du marché à un nouveau concurrent n'est pas négociable et que l'industrie du taxi doit s'adapter aux changements.

Même son de cloche chez le conseiller Mathieu Fleury, qui souligne que le service Uber semble apprécié des citoyens de la capitale nationale.

« La clientèle d'Ottawa continue à appuyer Uber en utilisant ses services. Ce qu'on entend, c'est que c'est abordable que le service à la clientèle est meilleur », explique le conseiller.

M. Fleury souhaite que Uber suive certaines règles, mais répète que c'est aux gens d'Ottawa de choisir le service qui leur convient le mieux.

Les changements doivent en principe entrer en vigueur le 30 juin, mais les élus pourraient retarder le tout au 30 septembre afin de donner plus de temps à l'industrie du taxi de s'adapter.

De neuf à six demandes de l'industrie du taxi

Les deux principales entreprises de taxi d'Ottawa et Unifor, le syndicat des chauffeurs, ont par ailleurs réduit la liste de leurs demandes à la Ville d'Ottawa.

Après en avoir formulé neuf plus tôt cette semaine, l'industrie traditionnelle réduit à six ses exigences.

Sont abandonnées les exigences sur l'âge minimal des véhicules utilisés par les chauffeurs d'Uber, le nombre minimal de 25 véhicules par nouvelle entreprise et que seules trois nouvelles compagnies aient le droit de fournir des services sur le territoire de la Ville.

Les entreprises de taxi et Unifor ne demandent plus que les conducteurs d'Uber et d'autres compagnies appliquent la taxe de vente et en fassent la preuve auprès d'Ottawa.

Avec les informations des journalistes Gilles Taillon et Nathalie Tremblay

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