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Rentrée législative et ouverture d'un 2e procès pour le gouvernement en Ontario

Les députés ontariens retournaient à l'Assemblée législative, lundi, après la pause estivale. Les hostilités ont repris dès la première période de questions, alors que s'ouvrait aussi le procès de deux anciens adjoints libéraux.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Les troupes progressistes-conservatrices de Patrick Brown ont toutefois misé sur des enjeux qui touchent les Ontariens comme les prix de l'électricité, la crise des opioïdes et la création d'emplois.

« Les familles veulent savoir que nous nous battons pour elles », a affirmé Vic Fedeli, porte-parole conservateur en matière de Finances.

Les conservateurs n'ont posé aucune question sur les procès de libéraux influents en cours à Sudbury et à Toronto. Mais en conférence de presse, le chef conservateur a indiqué que ce sujet serait abordé au cours des prochains mois.

Les néo-démocrates de Andrea Horwath, eux, ont utilisé presque toutes les questions en Chambre pour remettre en question l'intégrité du gouvernement libéral, à la lumière des deux procès.

Devant le barrage de questions du NPD sur les procès en cours, le gouvernement a répété la même réponse en Chambre. Il ne commente pas les dossiers qui sont devant les tribunaux.

Le dossier des centrales au gaz revient sur le tapis

Le procès de David Livingston et de Laura Miller, deux employés de l'ex-gouvernement McGuinty, a commencé lundi à Toronto. Les deux anciens adjoints libéraux sont accusés d'abus de confiance et de méfait.

Ils sont accusés relativement à la disparition présumée de plusieurs documents concernant l'annulation des centrales au gaz d'Oakville et de Mississauga avant l'élection provinciale de 2011.

Les deux travaillaient à l'époque dans le bureau de l'ancien premier ministre, Dalton McGuinty.

David Livingston était le chef de cabinet de Dalton McGuinty et Laura Miller, sa chef adjointe. Ils ont tous deux plaidés non coupables.

Ce procès s'ajoute à celui de l'ancienne chef de cabinet adjointe de Kathleen Wynne, Patricia Sorbara, et de l'organisateur libéral, Gerry Lougheed, qui a commencé la semaine dernière à Sudbury. Ils ont tous les deux plaidé non coupables à des accusations de corruption en vertu de la Loi électorale.

Des procès qui font mal aux libéraux

Les analystes s'entendent pour dire que ces procès seront dommageables pour l'image du Parti libéral de l'Ontario, déjà en difficulté dans les sondages. Ils sont convaincus que les partis d'opposition vont exploiter ce filon le plus possible au cours des prochains mois.

Priorités parlementaires

La première ministre Kathleen Wynne affirme qu'elle ne peut se laisser distraire par des procès sur lesquels elle n'a aucun contrôle et qu'elle ne peut pas faire de ces procès sa priorité.

Parmi ses priorités pour les prochains mois, elle dit vouloir miser sur la réforme des lois du travail, la hausse du salaire minimum, l'implantation du programme d'assurance médicaments pour les jeunes de 24 ans et moins et les soins de santé, entre autres.

La progressiste-conservatrice Gila Martow indique que la priorité de son parti est l'emploi et le néo-démocrate Gilles Bisson mise sur la création de l'Université de l'Ontario français, l'assurance médicaments pour tous et les soins de santé.

Une campagne électorale permanente?

Mais les députés pourront-ils vraiment faire avancer les dossiers dans le contexte électoral? Pour la première fois, les partis politiques et les électeurs connaissent la date de la prochaine élection - le 7 juin 2018 - avec les avantages et les désavantages que cela comporte.

Gila Martow espère que les dossiers pourront avancer malgré un calendrier électoral qui fera pression sur les partis.

Gilles Bisson est convaincu que le ton montera d'un cran dans les débats à l'Assemblée législative en raison de cet enjeu électoral.

La politologue Laure Paquette croit qu'il y aura une pluie d'annonces et beaucoup de gestes symboliques posés au cours des prochains mois, mais peu de grandes avancées, si ce n'est l'implantation des mesures déjà annoncées comme l'augmentation du salaire minimum et l'assurance médicaments pour les jeunes à partir du 1er janvier.

Et les chefs des partis d'opposition dans tout ça?

La politologue Laura Paquette est convaincue que le meilleur atout de Kathleen Wynne demeure malgré tout les chefs de l'opposition. Selon elle, Patrick Brown du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario n'a pas été en mesure de se faire connaître des Ontariens jusqu'à présent.

Elle déplore un manque d'efficacité semblable chez la chef néo-démocrate, Andrea Horwath.

Peter Graefe de l'Université McMaster, pense quant à lui que les chefs des partis d'opposition demeurent en meilleure posture que la chef libérale. Les progressistes-conservateurs mènent dans les sondages et la chef du NPD reste la leader la plus populaire.

Mais il reconnaît que Patrick Brown et Andrea Horwath font face à leurs défis. Il parle notamment de l'incertitude qui persiste sur le programme politique de Patrick Brown et de la difficulté d'Andrea Horwath à se positionner et à fidéliser les électeurs alors que les libéraux s'inspirent souvent de ses idées.

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