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Répartition des contrats fédéraux : Gatineau fait encore figure de parent pauvre

Au mois de février 2009, lorsque Radio-Canada a dévoilé un écart démesuré dans l'octroi des contrats fédéraux entre les villes d'Ottawa et de Gatineau, le ministre des Travaux publics de l'époque Christian Paradis avait promis d'étudier la situation. 

Un texte de Angie Bonenfant

Plus de cinq ans plus tard, force est de constater que la situation est loin de s'être améliorée.

Les entreprises gatinoises ont décroché à peine 4 % des contrats du gouvernement fédéral au cours des cinq dernières années et demie.

C'est bien peu comparé aux 96 % de contrats fédéraux qui ont été octroyés aux entreprises d'Ottawa.

Un sentiment de déjà-vu

Entre les années fiscales 2004-05 et 2008-09, le gouvernement fédéral avait donné 1115 (1,4 %) contrats à des entrepreneurs de Gatineau, alors que ceux d'Ottawa avaient littéralement gagné le gros lot en décrochant 22 411 (98,6 %) contrats.

À l'époque, les réactions avaient été vives. Il y avait urgence d'agir...

Le maire de Gatineau, Marc Bureau, avait invité les entreprises à communiquer avec la municipalité pour recevoir l'aide nécessaire afin d'obtenir des contrats du gouvernement fédéral.

Le député bloquiste de Gatineau Richard Nadeau exigeait du gouvernement fédéral un changement aux règles dans l'octroi des contrats.

Le CLD Gatineau parlait d'établir un partenariat avec une équipe de consultants spécialisée dans les appels d'offres gouvernementaux afin de soutenir les entreprises qui voulaient faire affaire avec le fédéral. 

Cinq années plus tard, tous ces efforts ont abouti à seulement 187 contrats fédéraux de plus pour les entreprises gatinoises.

Soutien à l'entreprenariat

Pour le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Antoine Normand, le nombre de contrats de biens et services du fédéral obtenus par des fournisseurs de Gatineau « devrait être beaucoup plus important que ça ».

Les processus d'appel d'offres du fédéral sont extrêmement compliqués, selon Antoine Normand. Bien souvent, des spécialistes doivent être engagés pour répondre à ces appels d'offres. Une dépense que ne peuvent pas toutes se permettre les PME. 

Des formations pour comprendre les processus d'appel d'offres du féféral ont été mises sur pied, mais ce n'est pas suffisant.

« Au niveau politique, explique-t-il, il pourrait y avoir des facilitants plus importants; des politiques qui pourraient établir un pourcentage d'achat local. »

Au cours des cinq dernières années, 16 milliards de dollars de contrats ont été octroyés par le gouvernement fédéral.

Avec les informations de Mathieu Nadon

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