Retour

Repiquage et erreurs, un « mauvais premier pas » pour l'Université de l'Ontario français

Les descriptions truffées de fautes des comptes de médias sociaux et les articles publiés sans source sur le site web de l'Université de l'Ontario français déçoivent Dyane Adam, qui avoue que le processus de révision de l'équipe des communications « n'est pas encore tout à fait peaufiné ».

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

Lundi, le Conseil des gouverneurs a officiellement été nommé, et des comptes sur les médias sociaux, ainsi qu’un site web, uontario.ca, ont été lancés.

Jusqu’à lundi soir, de nombreux articles de Radio-Canada et d’autres médias figuraient sans autorisation et sans attribution sur le site. Après la parution de notre article, le nom de la publication à laquelle chaque texte appartient a été ajouté, mais les textes sont toujours reproduits intégralement sans autorisation.

Malgré le fait que nombreuses fautes aient été corrigées mardi, le logo porte toujours la graphie fautive suivante : « Université de l’Ontario Français » (sic).

« En tant qu’ancienne commissaire aux langues officielles, ce n'est pas ce que j’aurais souhaité. Mais une des politiques de l’université, un principe d’apprentissage pour nos étudiants, c’est qu’on peut apprendre de nos erreurs », explique Dyane Adam, qui siège au conseil.

Stéphanie Chouinard, professeur en sciences politiques au Collège militaire royal de Kingston, se demande si des membres du Conseil des gouverneurs ont examiné ces publications avant qu’elles ne soient publiées.

« Que le conseil des gouverneurs ne se soit pas assuré que les personnes en charge des communications aient tous les outils nécessaires pour bien faire leur travail, c’est un peu inquiétant. Et ça nous amène à poser la question si c’est un amateur qui est derrière tout ça », selon M. Chouinard.

Les étudiants franco-ontariens inquiets

Le coprésident élu du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), Radi Shahrouri, se dit « heureux de voir qu'un site web ait été créé », mais avoue y voir un certain manque de rigueur.

« Faire une révision de la grammaire, ça prend au maximum une heure. Ça soulève de l'inquiétude à savoir si c'est un projet qui est pris au sérieux par le gouvernement », dit-il.

Déception également pour le président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Pablo Mhanna-Sandoval : « Le fait qu’avec tant de ressources le gouvernement n’ait pas pu s’assurer de la qualité de la grammaire, c’est dommage ».

Mme Adam précise que l’équipe des communications de l’université est petite et nouvelle, et qu'elle travaille sous pression. Elle assure que les processus de révision seront revus, mais n’estime pas que ces erreurs nuiront à l’image de l’institution.

« Ce n’est pas dramatique, on n’est pas en train de parler de nos programmes, mais plutôt d’erreurs de parcours ».

De son côté, la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, indique qu’elle fera le suivi. : « Pour moi c’est important qu’on parte avec une note positive. Je ne sais pas qui est responsable du site. »

Autres déceptions

Stéphanie Chouinard se dit aussi partagée par rapport aux nominations du Conseil de gouverneurs.

« On ne sait toujours pas quelle sera la vision de cette institution, mais en tant qu’institution postsecondaire, il me semble que cette vision devrait être insufflée par des gens du milieu académique », dit-elle.

M. Mhanna-Sandoval ajoute pour sa part avoir été déçu que des membres de l’opposition n’aient pas été invités à l’annonce, notamment Gila Martow, députée francophone du caucus conservateur, ainsi que la porte-parole aux Affaires francophones pour le NPD, France Gélinas.

« Je crois que ce dossier-là transcende la partisanerie, c’est un dossier essentiel à la cause francophone. »

Plus d'articles