Retour

Représenter le Canada aux Championnats du monde de hockey... sous l'eau

Ils pratiquent un sport inconnu du grand public, dans des conditions qui ne leur permettent pas de rivaliser avec les meilleurs équipes sur la planète. Ça n'empêche pas cinq athlètes de Gatineau de compter les jours avant leur départ en juillet pour les Championnats du monde de hockey subaquatique à Hobart, en Australie.

Un texte de Kim Vallière

Peu de petits Canadiens grandissent en rêvant de devenir un bon joueur de hockey subaquatique. Pourtant, ce sport niché compte sur une communauté éparpillée aux quatre coins du pays. Les athlètes y arrivent souvent par le bouche à oreille.

« J’ai commencé à 13 ans. J’aimais la natation et le hockey », explique Rémi St-Pierre Charbonneau, membre de l’équipe canadienne masculine U-23.

Les règlements du sport ressemblent à ceux du hockey sur glace. Deux équipes de six joueurs s’affrontent et tentent de mettre une rondelle dans un but avec un bâton.

L’action se déroule toutefois huit mètres sous la surface de l’eau. Les joueurs sont équipés de palmes, d’un masque de plongée et d’un tuba.

Le sport demande un effort anaérobique intense puisque les joueurs doivent à la fois maîtriser les techniques et les stratégies, en plus de retenir leur souffle.

« Tu utilises l’oxygène accumulé dans tes poumons et après, c’est une bataille entre ton cerveau qui dit : “va respirer” et “joue” », détaille l’entraîneur-chef de l’équipe féminine U-19, Pierre Larose.

Les joueurs doivent constamment choisir entre faire progresser le jeu en poussant la rondelle et leur besoin de remonter à la surface pour respirer.

« Des fois, tu es devant ton but, tu ne veux pas qu’ils marquent, mais tu es à bout de souffle. Ça te demande beaucoup de travail mental pour laisser la respiration de côté », ajoute Saint-Pierre-Charbonneau.

L’objectif aux Mondiaux : ne pas terminer dernier

Contrairement au hockey sur glace, le Canada ne représente pas une puissance au hockey subaquatique.

L’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Colombie et l’Argentine occupent généralement les podiums aux Championnats du monde et bénéficient de support financier des gouvernements.

« En Nouvelle-Zélande, les équipes nationales peuvent se voir 22 fois par année. Nous, on se voit deux fois par année », affirme Pierre Larose, dont les athlètes se trouvent à Gatineau, Québec et Calgary. « Pour le Canada, le gros problème, c’est d’être loin. »

Les équipes canadiennes utilisent les réseaux sociaux pour bâtir l’esprit d’équipe et discuter stratégies, en se partageant des vidéos. Difficile toutefois d’établir une bonne chimie entre les joueurs sans passer du temps en piscine.

« Aux derniers Championnats du monde il y a deux ans, notre objectif était de ne pas terminer au dernier rang. Nous avons terminé sixième sur huit équipes », mentionne l’entraîneur, qui vise un résultat similaire cet été.

Sa formation, jeune et inexpérimentée, ne comptera que sur huit joueuses pendant le tournoi. Larose n’aura donc que deux substituts à sa disposition pour jouer les 12 matchs du tour préliminaire.

Juliette Carreau, Tillie Roy et Madeline Steeves, toutes de Gatineau, voient le défi d'un bon oeil, même si elles avouent être un peu nerveuses.

Chez les hommes U-19, les attentes sont encore moins élevées. « Nous voulons marquer au moins un but », déclare Brandan Ellis. À 16 ans, le Gatinois est l’un des cadets de la formation. « C’est difficile de jouer contre des équipes plus fortes et de marquer contre elles », souligne-t-il.

Les Canadiens ne rêvent donc pas aux médailles aux Championnats du monde de hockey subaquatique, qui se déroulent du 12 au 22 juillet. Ils espèrent toutefois faire des vagues dans les prochaines années, au fur et à mesure que leur sport se bâtit au pays.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine