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Reprise du procès du policier de la SQ François Laurin

Un policier de la Sûreté du Québec accusé de conduite dangereuse ayant causé la mort était de retour en cour, mardi, au palais de justice de Gatineau. La Courrone reproche à François Laurin le rôle qu'il aurait joué dans l'accident qui a causé la mort d'un homme de 25 ans sur la route 148, près de Papineauville, en juin 2012.

L'accusé a comparu comme témoin devant la cour présidée par le juge Maurice Parent. Sa vitesse lors de l'accident a constitué la ligne d'attaque du procureur de la Couronne.

Me Geneviève Langlois a aussi tenté de comprendre les habitudes de conduite de l'agent lors des interventions d'urgence sur la route. Elle l'a longuement questionné, afin d'évaluer son jugement lors du dépassement qui a été fatal à Éric Rompré.

Le tribunal a appris que le policier filait à 180 km/h au moment du dépassement. Mais devant le juge, l'agent Laurin a plutôt évalué sa vitesse à 20 km/h de moins.

Il soutient qu'il a réalisé sa manoeuvre de dépassement normalement, mais reconnaît l'avoir effectuée à une vitesse élevée, étant donné qu'il répondait à un appel d'urgence.

« C'est une vitesse de pointe pour dépasser un véhicule comme tout le monde fait, j'ai fait exactement la même chose, j'ai juste dépassé un véhicule normalement à une vitesse plus élevée », a-t-il soutenu.

Il ajoute avoir vu, juste avant d'amorcer son dépassement, les feux de freinage de la Mazda 3 de la victime et qu'il en a déduit que le conducteur voulait se rabattre à sa droite à l'approche d'un véhicule d'urgence. Finalement, l'automobiliste a fait un virage à gauche, ce qui aurait entraîné l'accident.

Au début de l'interrogatoire du témoin, Me Langlois a demandé à l'agent Laurin d'illustrer sur papier les conditions dans lesquelles il a tenté d'effectuer son dépassement. Mais le juge Parent s'y est opposé, à la demande de l'avocate de la défense, Me Nadine Touma.

Selon le juge, si le témoin n'a pas des habiletés en dessin, cette approche ne permettra pas forcément de connaître la vérité dans le dossier.

Rappel des circonstances

Le 16 juin 2012, vers 17 h 30, le policier répondait à un appel d'urgence lorsque son véhicule a heurté la voiture de M. Rompré sur la route 148, près de Papineauville.

L'agent Laurin allait aider un collègue afin de maîtriser et de transporter à l'hôpital un festivalier intoxiqué et en crise lors du Rockfest de Montebello.

La Couronne a aussi mis en doute la nécessité de cette intervention, en questionnant le policier de la SQ sur l'urgence d'aller à une vitesse aussi grande.

Le Service de police de la Ville de Montréal a été chargé de l'enquête sur l'accident et a déposé, en 2013, un chef d'accusation de conduite dangereuse causant la mort contre M. Laurin.

Son procès a finalement débuté cet automne. Les avocats du policier ont d'abord tenté de faire annuler le procès en raison de délais jugés trop longs entre le dépôt des accusations et le début des procédures en cour.

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