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Retour de tournée désenchanté pour Pandaléon

L'heure du bilan a sonné pour le groupe de l'Est ontarien Pandaléon, qui achève sa tournée par un dernier spectacle à Orléans. Marc-André Labelle, Jean-Philippe et Frédéric Levac se sont livrés sans langue de bois sur l'état de l'industrie de la musique et leur expérience sur la route. Attention, ça décoiffe.

Une collaboration de Julien Morissette et André Dalencour pour Les Malins

Le groupe de Saint-Bernardin a fait des dizaines de spectacles dans les Maritimes, en Ontario, dans les festivals majeurs au Québec, mais aussi en Europe.

Premier constat, pas vraiment surprenant : ils ont relevé des différences notables dans la façon dont ces publics les ont reçus.

« Au Québec surtout, je pense que cela va arriver qu’une partie du public va essayer de comparer, de faire des liens avec ce que [l’artiste] dit dans ces tounes : "Ça me fait penser à quel artiste québécois”. Tandis qu’en anglais, ils ne comprennent pas un mot, ils écoutent, ils tripent, pis si c’est bon, c’est bon et le reste on s’en fout », explique Frédéric Levac.

« Quand on est parti pour l’Europe, j’étais comme pas sûr. J’y allais peut-être un peu à reculons. Ça me tentait, mais je ne sais pas pourquoi je n’étais pas convaincu », reconnaît Frédéric Levac. « Je suis revenu de là en me disant : “Je veux y retourner”. Je sens que le marché est différent, l’écoute était différente aussi, les applaudissements, les gens étaient vraiment généreux. »

La game est tough en criss en ce moment au Québec. Il ne reste plus grand-chose pour faire de l’argent. Les disques, je te jure, dans cinq ans il y a des maisons de disque qui ne printeront plus de disque, dans moins de cinq ans mêmes.

Frédéric Levac, membre du groupe Pandaléon

« Il y a une couple d’années, il y avait une expression qui circulait, c’était genre : “Ouais, les disques ne se vendront plus, mais c’est en show que tu fais ton argent”. Et bien c’est faux, c’est pas vrai ça », lâche Frédéric Levac. « On fait notre argent à la radio, c’est la seule manière. C’est dans les radios, dans les droits, si tu réussis à vendre des tounes. »

« La tournée au Nouveau-Brunswick, on est revenu de là… C’était une semaine, genre six shows en six jours. Tu reviens de là, tu es comme : “Ouf, OK, elle était tough celle-là” », raconte Jean-Philippe Levac. « Pis on a parlé à des amis qui l’ont faite aussi cette tournée-là, et c’était genre : “On a rasé de lâcher le band après, de splitter”. C’est tough, tu fais des shows pis il n’y a personne, ça se passe pas. Là tu arrives à l’hôtel après, tu prends une bière pis là tu te mets à jaser : “Hey, c’est tu bon ce qu’on fait? Crime, il n’y a personne qui vient.” »

Il y a bien du fake dans l’idée où man, il faut booker le plus possible, qu’on ait le plus de dates sur notre affiche, pour avoir l’air du band qui tourne. Mais la moitié des shows ça va être de la marde, mais on les met pareil.

Frédéric Levac, membre du groupe Pandaléon

Au-delà de ces côtés sombres, le groupe se dit heureux d’avoir pu faire connaître sa musique. Ils retiennent surtout les bons moments passés ensemble et tous les endroits qu’ils ont pu découvrir.

Tous disent avoir besoin d’une vraie pause, pour retrouver du plaisir en travaillant chacun de leur côté, individuellement sur leur instrument, seul avec leur voix et leur table de mixage.

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