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Rien n’indiquait que le garçon était maltraité, selon la police d’Ottawa

Le Service de police d’Ottawa estime qu’aucun indice ne laissait croire qu’un garçon de 9 ans était victime de maltraitance au moment où des agents se sont entretenus avec lui, 15 mois avant que ses parents ne soient arrêtés.

Le père de l’enfant, un agent suspendu sans salaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), et sa conjointe (la belle-mère de l'enfant) ont été reconnus coupables, il y a deux semaines, de plusieurs accusations reliées à la maltraitance.

Avec le recul, Don Sweet, surintendant à la police d’Ottawa, ne croit pas que les choses auraient pu être faites différemment par les agents de police. Il répond ainsi aux critiques, dont celles d’une femme d’Ottawa qui reprochait aux policiers d’avoir ramené l’enfant chez lui même s’il avait confié être victime de maltraitance.

Le garçon s’est confié pour la première fois à la police en novembre 2011. Son père avait signalé sa disparition et, dans l’heure qui a suivi, le garçon a été retrouvé chez cette femme, qui a depuis remis en question le travail des policiers.

Le surintendant Sweet dit avoir revu en détail le rapport des deux agents qui ont répondu à l’appel ce jour-là. Lorsque les policiers se sont rendus chez la femme d’Ottawa où l’enfant s’était réfugié, le garçon a raconté qu’il n’était pas nourri de façon suffisante et qu’il était forcé par son père à faire des centaines d’extensions de bras.

Lorsque les policiers ont ramené le garçon chez lui, ils ont trouvé une maison impeccable et un réfrigérateur bien garni, précise M. Sweet.

« Les agents, en discutant avec l'enfant et le père, ont été témoins de ce qui semblait être un retour dans un foyer aimant [trad. libre] », raconte-t-il. Il ajoute que le père a étreint son fils pendant plusieurs minutes lors des retrouvailles. Le père et le fils avaient les larmes aux yeux à ce moment, selon le rapport.

Le surintendant estime que la situation s’est sans doute aggravée dans les mois qui ont suivi cette visite de la police.

Pas de signalement à la Société de l’aide à l’enfance

Depuis la condamnation des parents, des voix se sont élevées pour demander pourquoi la police n’a pas informé la Société de l’aide à l’enfance de la situation lors de son intervention.

Les agents sont tenus d’appeler cet organisme lorsqu’il y a des craintes qu’un enfant soit victime de maltraitance, précise la directrice administrative des Services aux victimes d’Ottawa, Melissa Himerl.

Le surintendant réplique que le Service de police a suivi ce protocole en place, mais que dans ce cas-ci, les agents n’ont observé aucun signe de maltraitance après avoir rencontré le père.

Le père a réfuté les allégations de son fils, arguant que le garçon était difficile à table et qu’il s’était enfui parce qu’il refusait de faire ses devoirs. Il avait aussi ajouté que son fils souffrait de problèmes de santé mentale qui altéraient son comportement.

Ils [les policiers] doivent avoir des motifs valables pour aviser la Société d’aide à l’enfance.

Don Sweet, surintendant à la police d’Ottawa

La femme qui a recueilli l’enfant raconte que le garçon présentait des rougeurs s'apparentant à des brûlures et qu’il avait des marques sur ses poignets. Interrogé à ce sujet, le surintendant indique que le rapport des policiers ne comporte aucune indication laissant croire qu’ils auraient été informés de la présence de telles blessures.

Le surintendant n’a pas discuté avec les agents qui sont intervenus dans le dossier au cas où une plainte formelle serait déposée.

M. Sweet ajoute qu’il entend parler avec l’inspecteur responsable des patrouilleurs afin de voir si une formation supplémentaire pour déceler les signes de maltraitance est disponible pour les policiers.

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