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Rien ne va plus au conseil municipal de Saint-Jean-sur-Richelieu

Ça joue dur à l'Hôtel de Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie. L'opposition, majoritaire, vient de retirer au comité exécutif presque tous ses pouvoirs. Elle essaye aussi d'obtenir le départ du bras droit du maire Alain Laplante. Le principal intéressé dénonce rien de moins qu'un « coup d'État politique ».

Un texte de Jérôme Labbé

Alain Laplante a été élu à la tête de la 11e ville en importance du Québec en novembre 2017 avec un peu moins de 1000 voix devant le maire sortant, Michel Fecteau.

Seul problème : son équipe n'a remporté que trois des douze postes de conseillers.

Avec l'aide de trois autres conseillers indépendants, M. Laplante a pu profiter d'une faible majorité pour diriger la municipalité sans trop de problèmes pendant les quatre premiers mois de son mandat. Mais cet âge d'or apparaît aujourd'hui lointain.

Sans rejoindre officiellement l'Équipe Fecteau, les trois indépendants votent maintenant de concert avec l'opposition. Et celle-ci a sorti l'artillerie lourde, récemment, pour s'opposer au maire Laplante, qui se retrouve de plus en plus isolé.

Au coeur du problème : un contrat attribué à une firme d'avocats par le maire Laplante pour enquêter sur d'autres contrats, attribués à d'autres firmes d'avocats, par l'administration précédente.

Mais sur le fond, on ne sait que très peu de choses, les élus étant particulièrement prudents dans leurs déclarations.

Un cabinet décapité

La crise a toutefois pris de l'ampleur le mois dernier, lorsque le conseil municipal a voté une résolution lors de la séance ordinaire du conseil du 23 avril pour congédier le directeur de cabinet du maire, Guy Grenier, sans offrir d'explications aux quelque 200 citoyens qui étaient présents.

Ce congédiement a d'ailleurs été suspendu par le juge Marc-André Blanchard, de la Cour supérieure, qui a accordé une injonction provisoire à M. Grenier, vendredi dernier, estimant que le poste de directeur de cabinet du maire ne relevait pas du conseil municipal, mais bien du comité exécutif.

Or, le comité exécutif, composé du maire Laplante, des trois conseillers de son équipe et d'un indépendant, s'opposait au congédiement de M. Grenier, qui agissait aussi comme attaché politique de M. Laplante.

Une décision finale sera prise dans ce dossier lundi prochain, le 14 mai.

Québec pourrait devoir s'en mêler

En attendant, le comité exécutif aura perdu tous ses pouvoirs, ou presque. Tout au plus pourra-t-il faire des recommandations.

Le conseil municipal a voté lundi soir pour l'abrogation de presque tous les pouvoirs du comité exécutif – une résolution adoptée la semaine dernière en séance extraordinaire, mais dont le vote devait être repris lundi soir, car le maire y avait opposé son veto. Elle entrera en vigueur dès sa publication, mercredi matin.

Pour Alain Laplante, c'en est trop. Il demande l'intervention du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.

« On m'empêche de faire mon travail », a-t-il dénoncé, lundi soir, recueillant au passage les applaudissements de plusieurs citoyens.

Plus tôt dans la journée, le comité exécutif avait aussi demandé l'accompagnement de la Commission municipale du Québec, a fait savoir M. Laplante.

La situation à l'Hôtel de Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu n'est pas sans rappeler celle qui prévaut également au conseil municipal de Longueuil – une autre ville de la Montérégie –, où la mairesse Sylvie Parent peine à faire adopter ses politiques en raison de sa situation minoritaire. Le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire pourrait d'ailleurs intervenir.

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