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Roxanne Carr recevra environ 500 000 $ pour avoir été brutalisée par la police d'Ottawa

Une ancienne résidente d'Ottawa, Roxanne Carr, qui avait intenté un procès au civil après une arrestation en 2008, recevra 255 000 $ pour avoir été brutalisée par les agents du Service de police d'Ottawa (SPO). À cette somme s'ajouteront les intérêts et les frais d'avocats, soit un total d'environ 500 000 $.

La Cour supérieure de l'Ontario a déterminé, vendredi, que Mme Carr n'aurait jamais dû être arrêtée.

Cette dernière a été arrêtée en août 2008 chez son colocataire et ex-petit ami, qui souhaitait l'expulser.

Les policiers, appelés sur les lieux, l'ont menottée et traînée de force dans le bloc cellulaire du quartier général de la rue Elgin, où elle est restée dénudée pendant quelques heures.

Elle aurait passé une douzaine d'heures en prison et a subi une double fracture du poignet.

Roxanne Carr avait intenté une poursuite de 975 000 $ en dommages et intérêts contre la police d'Ottawa.

Une « force excessive injustifiée »

Selon le jugement, cette intervention policière a brimé les droits à la sécurité de Roxanne Carr. Son arrestation et sa détention sont considérées comme injustifiées, et une force excessive a été utilisée pour maîtriser la victime.

Le transfert de cette dernière dans une cellule d'isolement a été fait sans raison valable, écrit la juge Sylvia Corthorn.

L'avocat de la plaignante, Lawrence Greenspon, soutient quant à lui que la police a eu un comportement illégal et inexcusable.

Après son arrestation, Roxanne Carr avait été accusée d'entrave au travail des policiers et d'avoir causé des dommages à la propriété. Ces accusations avaient été retirées en avril  2011, après le visionnement de la vidéo montrant le traitement subi par Mme Carr.

Choc post-traumatique

Roxanne Carr souffre de choc post-traumatique en raison de la brutalité qu'elle a subie lors de son arrestation. Elle est incapable de retourner sur le marché du travail.

La victime dit être encore « traumatisée » et « terrorisée ».

Le jugement de la Cour supérieure de l'Ontario pourrait cependant la soulager. Elle espère aussi que ce jugement va aider d'autres personnes à ne pas subir le même traitement.

Rappelons qu'une enquête de l'Unité d'enquête spéciale de l'Ontario et une enquête interne au Service de police d'Ottawa n'avaient révélé aucune infraction de la part des policiers impliqués.

On ne sait pas pour le moment si le SPO, la Commission de services policiers ou les policiers visés par cette poursuite feront appel.

Avec les renseignements de la journaliste Laurie Trudel

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