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Russell pleure la mort de son « enfant papillon »

Les drapeaux sont en berne à Russell dans l'Est ontarien. La communauté veut ainsi rendre hommage à un de ses citoyens, Jonathan Pitre, qui a laissé son empreinte partout où il est passé.

L'adolescent de 17 ans, atteint de l'épidermolyse bulleuse (EB), est mort mercredi, dans un hôpital du Minnesota.

Céline Lafrance, la directrice de l'École secondaire catholique d'Embrun, que Jonathan a fréquenté, se souvient de l'élève qui a quitté la région il y a un an et demi pour aller subir des traitements expérimentaux aux États-Unis. Elle raconte qu'une murale avait été installée sur un mur de l'école pour suivre son cheminement. Des messages lui étaient envoyés régulièrement, dit-elle, et des activités de financement pour lui venir en aide étaient organisées chaque année.

Un des enseignants qui a eu Jonathan dans sa classe, Denis Tanguy, dit que le jeune garçon participait activement et était très curieux.

« Il voulait être comme les autres », se rappelle-t-il. « Je garde l'image de quelqu'un qui était très courageux malgré ses difficultés, toujours souriant, toujours là pour regarder le bon côté des choses. Il était aussi très réaliste dans le futur ».

Un ambassadeur pour la recherche sur l'épidermolyse bulleuse

Gemma Riley-Laurin, de Debra Canada, un organisme qui offre un soutien aux familles touchées par l’EB, et qui veut sensibiliser les Canadiens face à cette maladie, a bien connu Jonathan Pitre est sa mère Tina.

« Il était un ambassadeur de la maladie. Il n'y a pas beaucoup de monde qui a la maladie, environ 2000 personnes au Canada souffrent de l’épidermolyse bulleuse », dit-elle.

Mme Riley-Laurin déplore que les traitements pour l'EB soient inexistants au Canada et que les malades doivent aller aux États-Unis pour se faire soigner.

Son meilleur souvenir de Jonathan ?« Il était toujours positif, il était un héros, pour tous les malades atteint de l'EB.

Mme Riley-Laurin estime que Jonathan Pitre a peut-être perdu sa bataille personnelle, mais qu'il en a gagné une autre.

Un hommage à Ottawa

À Ottawa, la mort de l'adolescent n'a laissé personne indifférent.

Certains membres du personnel du Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO) se souviennent de lui.

C'est le cas de l'infirmière Lynn Grandmaison Dumond, qui affirme « qu'à travers la douleur, les complications avec sa maladie, il a pu surmonter cela, puis vraiment partager ses connaissances et son expérience. »

La nouvelle de la mort de l'adolescent a fait la une de tous les médias, incitant des citoyens à contacter le bureau du maire, pour qu'on nomme une rue, un aréna ou autre installation municipale, au nom de Jonathan.

Le maire Jim Watson est tout à fait d'accord, mais veut respecter les désirs de la famille.

Avec les informations de Gilles Taillon, de Stéphane Leclerc et de Florence Ngué-No.

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