La jeune femme de l'Outaouais qui a été victime d'un grave accident de la route à Noël, lors duquel elle a été électrocutée, a subi une sixième amputation, mercredi.

Un texte d'Antoine Trépanier

La famille de Sabryna Mongeon a confirmé à Radio-Canada que la femme de 18 ans a dû se faire amputer de nouveau à la jambe droite. Elle est passée sous le bistouri en début d'après-midi, mercredi, au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).

Cette opération survient après son réveil d'un coma artificiel en matinée. Selon sa soeur aînée, Samantha Mongeon, Sabryna souffrait énormément et semblait « frustrée » par moment, elle qui est encore intubée. Elle s'est tout de même permis un clin d'oeil à ses proches.

« Elle est très souffrante. Elle avait une opération aujourd'hui [mercredi] et, au départ, nous pensions que c'était seulement au niveau de la peau, que les tissus étaient morts, mais on vient d'apprendre qu'ils vont amputer un petit peu plus haut », a-t-elle déclaré.

Il s'agit de la neuvième opération pour Sabryna Mongeon, qui a également subi des greffes de la peau dans les derniers jours. Elle a subi des amputations aux deux jambes et aux deux bras, puis une autre à un bras, avant celle de mercredi.

« C'est sûr qu’après ces amputations, on croyait que c'était enfin fini. On ne croyait plus avoir de surprises, mais tout dépend comment le corps de Sabrina réagit. Il faut se mettre dans la tête qu'on peut avoir d'autres surprises », affirme Samantha Mongeon.

Une situation inusuelle, dit un ambulancier

Sabryna Mongeon conduisait sa voiture tôt le matin de Noël lorsqu'elle en a perdu le contrôle et a percuté un poteau d'électricité dans le secteur de Luskville, en Outaouais.

Selon ses proches, elle a eu peur que son véhicule prenne feu et est donc sortie de l'auto. C'est à ce moment qu'elle a reçu une décharge électrique, qui a parcouru son corps, des mains vers les pieds.

Après une période d'environ quatre heures, un passant est venu à son secours, a appelé le 911 et a tenté de la réchauffer.

Au même moment, l'ambulancier Karl Sioui entrait au bureau tranquillement avec son collègue Nicholas Gingras. Les deux avaient célébré la veille de Noël et, à l'aube, aucun incident ne leur avait été rapporté.

Il n'aura fallu que 15 minutes pour qu'ils reçoivent l'appel qui changera leur vie. « On s'est regardé mon partner et moi et on s'est dit : ''C'est impossible'' », témoigne M. Sioui en entrevue.

Ni un ni l'autre ne pouvait imaginer qu'un événement du genre puisse arriver. Sur les lieux, policiers et pompiers se sont assurés que la scène était sécuritaire, puis les deux ambulanciers se sont avancés près de la voiture.

À ce moment, ce qui devait être un appel pour un accident a rapidement pris une tournure dramatique : électrisation, hypothermie, engelures et éventuelles amputations.

« L'accident est donc même plus là, elle est mise de côté. On s'est regardé et on s'est dit : ''Ça ne va pas'' », poursuit M. Sioui.

Rapidement, ce dernier a extirpé Mme Mongeon du véhicule pour constater ses blessures. Elle était alerte et pouvait communiquer. Elle se souvenait de sa date d'anniversaire et de la date actuelle.

« Dans l'ambulance, je constate les blessures. Elle est électrisée et en hypothermie [...] C'est bizarre à dire, mais vu qu'elle est en hypothermie, je n'ai presque rien à faire. J'ai les signes vitaux, je veux la garder consciente, donc je lui parle. Mon but est de la réchauffer, mais pas trop pour ne pas qu'elle tombe en arrêt cardiaque ou autre », explique-t-il calmement.

Les conditions routières étaient exécrables le 25 décembre. Il aura fallu environ une trentaine de minutes aux ambulanciers pour se rendre sur les lieux, mais beaucoup moins pour se rendre à l'Hôpital de Hull.

M. Sioui avait besoin d'une pause pour prendre du recul. Il a pris la journée pour laisser passer le choc et en parler avec des proches. Depuis, il est de retour au travail et il « va très bien ».

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