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Sauriez-vous reconnaître une femme violentée si vous la croisiez dans la rue?

Jeudi soir, des centaines de femmes vont se rassembler devant l'hôtel de ville d'Ottawa pour la marche annuelle « La rue, la nuit, les femmes sans peur ». Ironiquement, cette marche, qui vise à dénoncer les agressions sexuelles et les violences multiples faites aux filles et aux femmes, coïncide avec le premier anniversaire de la tuerie de Wilno.

Un texte d'Angie Bonenfant

Le 22 septembre dernier, Basil Borutski a assassiné trois femmes, dans une petite communauté de l'est de l'Ontario. Son procès pour triple meurtre doit se tenir au mois de septembre 2017.

L'accusé, âgé de 58 ans, traîne un lourd passé judiciaire. Selon des documents déposés en cour, Basil Borutski a déjà été accusé en lien avec des actes de violence conjugale envers une de ses trois victimes.

Les groupes de soutien aux femmes revendiquent depuis plusieurs années de meilleurs services pour les femmes agressées sexuellement et violentées. Ces dernières, dit-on, ne sont pas bien outillées pour faire face à ces horribles situations.

On dénonce également le peu de ressources mises à la disposition de la population générale. Comment sensibiliser les personnes qui ignorent cette problématique ou s'en préoccupent très peu?

(Signes et données statistiques : passez votre curseur sur les ronds pour obtenir plus de détails.)

Éducation populaire

« Les gens, quand il s'agit de violence conjugale, ont seulement en tête le portrait de la violence physique », explique Véronique Paradis, directrice générale de Maison Unies-Vers-Femmes. « Ils ne sont pas conscientisés aux répercussions de toutes les autres formes de violence [psychologique, économique, etc.]. C'est là-dessus qu'il faut faire énormément de sensibilisation. »

Le problème, souligne-t-elle, c'est que tout le monde n'a pas la même définition ou la même interprétation de la violence faite aux femmes.

« Quand on parle de violence faite aux femmes, on parle de rapport de domination, de contrôle et de menace. Si on parle d'autre chose, on ne parle pas de violence », rappelle Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes. « La définition est très claire. »

Mme Monastesse déplore qu'on ne fasse pas assez référence à la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes de l'ONU de 1993, qui « analyse vraiment cette violence comme un rapport de domination de pouvoir des hommes sur les femmes, inscrit historiquement dans des sociétés patriarcales ».

Agressions sexuelles

Dans les cas d'agression sexuelle, dans un contexte de couple, les signes sont encore plus difficiles à reconnaître, soutient Josée Laramée, coordonnatrice des services de prévention et de sensibilisation au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel francophone d'Ottawa (CALACS) .

Les femmes se sentent honteuses et coupables que leur agresseur soit leur conjoint, rapporte-t-elle. D'autres ne réalisent même pas qu'elles ont été victimes d'une agression.

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