Retour

Semaine de la santé mentale : les femmes de tête seraient-elles plus dépressives?

Lisa MacLeod, la députée progressiste-conservatrice de Nepean-Carleton, a récemment révélé avoir souffert de dépression. Mme MacLeod est une bête de la scène politique. Elle en a fait voir de toutes les couleurs aux libéraux, au cours des dernières sessions parlementaires à Queen's Park. S'il y a une personne dont on n'aurait jamais soupçonné l'état dépressif, c'est bien elle! Et pourtant...

Un texte de Angie Bonenfant

Selon l'Association canadienne pour la santé mentale, un Canadien sur cinq est touché personnellement par la maladie mentale.

La dépression touche autant les hommes que les femmes, mais ce sont les femmes qui en seraient davantage victimes.

« La réalité sociale est très difficile pour tout le monde », analyse Renée Ouimet, directrice du Mouvement Santé mentale Québec. « On demande aux gens : comment ça va? Ils répondent : ça va vite, je n'ai pas le temps, je suis pressé, j'en ai par-dessus la tête, j'ai tellement de travail... »

Il est vrai cependant que « les femmes ont plus à faire leurs preuves », nuance-t-elle. « Elles ont des défis qui sont parfois plus grands que ceux des hommes. »

Femmes en position d'autorité

( Passez le curseur sur les points ronds pour en apprendre davantage sur des femmes bien connues du public qui ont souffert de dépression. )

Ces défis s'avèrent encore plus importants pour les femmes en position d'autorité, c'est-à-dire celles qui ont la responsabilité d'embaucher, de congédier ou de rémunérer un ou des employés.

Même si elles sont plus éduquées, mieux payées et occupent un poste plus prestigieux, ces femmes de tête sont plus prédisposées que les autres à avoir des problèmes de santé mentale.

Une étude menée par l'Université du Texas, à Austin aux États-Unis, laisse entendre que les femmes qui sont en position d'autorité présentent davantage de signes de dépression que les hommes qui occupent le même poste.

« Des années de recherche en sciences sociales suggèrent que ces femmes doivent composer avec des tensions interpersonnelles et des interactions sociales négatives », avait donné en guise d'explication Tetyana Pudrovska, la sociologue et responsable de l'étude .

« Au bureau, elles combattent les stéréotypes négatifs, les préjugés et l'isolement social, tout en faisant face à la résistance des subordonnés, des collègues et des supérieurs. »

Tous ces éléments contribuent à développer chez elles une forme de dépression. Et ça, c'est sans compter sur tous les défis qui les attendent à la maison...

« Être à la fois épouse, mère, fille, de s'occuper de ses parents vieillissants... », c'est déjà un travail en soi, a expliqué Lydya Assayag, directrice du Réseau québécois d'action pour la santé des femmes.

« Jumeler tout ça et avoir, en plus, le critère de performance parce qu'on est une femme d'autorité, ça fait énormément à gérer. Ça ne prend pas un génie pour comprendre qu'à un certain moment, c'est trop! »

D'où l'importance, selon Mme Assayag, de mettre sur pied des mesures de conciliation travail-famille « béton ».

Mettre fin au mythe de la superwoman

Sensibiliser les politiciens, c'est une chose, selon elle, mais il faut également éduquer les jeunes filles avant qu'elles n'occupent ces postes-là.

« Il faut le faire de manière à ce qu'elles aient suffisamment de valeur pour apprendre à d'abord prendre soin d'elles-mêmes », indique Mme Assayag.

Ce n'est pas un hasard si les femmes ont plus de maladies chroniques, selon elle, « être superwoman, ç'a a un prix! »

La Semaine nationale de la santé mentale a lieu du 2 au 8 mai 2016.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine