Retour

Sénégal, Montréal, Hawkesbury : un nouveau genre de coopération internationale

Déguéne Fall travaille au sein d'une coopérative qui fabrique du savon, à Diourbel, au Sénégal. Ces derniers jours, elle a séjourné dans l'entreprise Green Beaver, à Hawkesbury, dans l'Est ontarien, pour apprendre à accroître la production de savon. « Nous sommes venues pour augmenter notre connaissance sur le savon, le savon liquide et le beaume à lèvres », explique-t-elle. « Ce voyage au Canada, c'est vraiment positif pour nous. »

Green Beaver fabrique des produits sanitaires biologiques qui sont distribués un peu partout en Amérique du Nord. « Chez elles, au Sénégal, leur production est plutôt artisanale », explique Alain Ménard, PDG de l'entreprise. « Nous allons leur montrer comment passer à la production à plus grande échelle. »

Nous sommes venues pour renforcer nos capacités, en termes de commercialisation, de gestion des stocks et en termes de gestion des matières premières

Thioro Fall, Union nationale des femmes coopératrices du Sénégal

Pendant leur séjour au Canada, payées notamment par des subventions du gouvernement canadien, ces femmes du Sénégal vont aussi suivre une formation en encadrement de personnel et en développement du leadership au sein d'une firme montréalaise appelée Papillon MDC. Elles y apprendront à développer leur propre esprit d'initiative et à le transmettre à leurs employées.

L'organisme Carrefour international chapeaute ce partenariat, qui vise à favoriser l’emploi chez les femmes du Sénégal. « Ce sont de véritables entrepreneures. Elles ont des plans d’affaires, et nous les appuyons pour mettre en oeuvre leurs idées », explique Carine Guidicelli, directrice générale de Carrefour international.

« Ces unions de femmes coopératrices, au Sénégal, sont formées et soutenues, dès le départ, pour produire vert », ajoute Mme Guidicelli. « Il faut que les pays du Sud démarrent leurs activités économiques à grande échelle, sur la base d'une économie verte et d'une économie soutenable. »

Donnant, donnant

Ce partenariat entre la coopérative sénégalaise et les entreprises canadiennes repose sur un principe de réciprocité. « L'entreprise qui participe à ce genre de partenariat peut faire une différence sur le plan sociétal et environnemental, mais tout en ayant des profits de son côté », explique Lucie Bourgeois, de l'entreprise lavalloise Umalia, elle aussi partenaire du projet.

Umalia se spécialise dans ce genre d'entente, aussi appelée « responsabilité sociale des entreprises », qui vise à s'assurer que les entreprises qui investissent dans des causes sociales y trouvent leur compte elles aussi.

Green Beaver a déjà tiré profit de cette relation avec les femmes coopératrices du Sénégal. L'entreprise est en pleine croissance et, par conséquent, elle a des problèmes de gestion de l'espace dans ses installations de Hawkesbury. Une partie de la solution a peut-être été trouvée... au Sénégal.

« Je me souvenais qu’elles me disaient qu’elles fabriquent leur pain savon à froid », explique Alain Ménard, PDG de Green Beaver. « Travailler à la température de la pièce, ce n’est pas typique ici. Nous voulions nous donner un nouvel espace pour le consacrer à la fabrication du savon liquide. Mais il n'est pas conçu pour recevoir des systèmes à chaud. Nous nous sommes dit : on va essayer, nous aussi, à froid. On l’a essayé en laboratoire et ça a marché », raconte M. Ménard.

Le partenariat entre Green Beaver et les femmes du Sénégal pourrait ne pas s'arrêter là. Green Beaver se propose de distribuer leurs produits au Canada, si elles parviennent à accroître leur productivité. Une façon de permettre à tous les partenaires de vraiment tirer profit de cette collaboration.

Plus d'articles