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Sensibiliser les gens aux problèmes de santé mentale : l'histoire d'une ancienne capitaine des Gee-Gees

L'automne dernier, Kellie Forand a entamé sa dernière saison au sein de l'équipe de basketball féminin des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa. Le plaisir de pratiquer son sport et la motivation manquaient, toutefois. En décembre, le diagnostic tombe : dépression.

Kellie comprend enfin pourquoi elle n'avait plus autant le goût de jouer au basketball dans les derniers mois.

Elle retrouve son équipe après les Fêtes et elle est motivée comme jamais, lorsqu'un autre problème de santé mentale la frappe. Elle est victime d'une psychose lors d'une activité d'équipe.

Kellie Forand, étudiante modèle depuis des années, capitaine de son équipe et majore de promotion de la Faculté des arts, quelques mois auparavant, ne pourra jamais jouer son dernier match avec les Gee-Gees.

« Ça été très difficile pour moi parce que c'est ma cinquième année comme Gee-Gees et troisième comme capitaine [...] malgré tout, ma condition a été plus importante que qui je suis. On a entendu le mot bipolarité et même si c'était Kellie Forand, la même Kellie, il y en a plusieurs qui ont eu peur », raconte l'ancienne joueuse du Phénix de Nicolas-Gatineau.

La jeune femme de 22 ans veut se servir de son histoire pour sensibiliser les gens aux problèmes de santé mentale qui peuvent toucher le public et les athlètes. Selon elle, les universités du pays pourraient avoir un protocole mieux adapté aux problèmes de santé mentale pour le retour au jeu des athlètes-étudiants.

Kellie ne peut s'empêcher de penser que, si elle avait été blessée au genou ou à l'épaule, elle aurait été sur le banc avec son équipe, lors de son élimination, en demi-finale ontarienne, à Hamilton. Au lieu de cela, elle était dans les gradins pour encourager ses coéquipières.

Malgré tout, jamais l'ancienne capitaine ne blâme l'Université lorsqu'elle raconte son histoire. « L'école a fait ce qu'elle avait à faire. Je crois toutefois que le manque de protocole et le stigma qui règne autour de la maladie mentale ont tous deux joué contre moi », dit Forand.

Un protocole qui peut toujours être amélioré

L'Université d'Ottawa ne veut pas commenter le cas spécifique de Kellie Forand. L'établissement soutient, toutefois, qu'un protocole existe pour assurer un retour au jeu sécuritaire pour les athlètes.

« Peu importe que ce soit une blessure physique ou une blessure mentale, il y a un protocole [...] chaque cas est différent, mais chaque cas est chapeauté par un groupe d'experts qui va amener à un retour au jeu », mentionne le directeur adjoint du Service des sports, Roger Archambault.

L'établissement d'enseignement affirme s'interroger constamment sur ses procédures sur les façons d'améliorer son protocole. Les problèmes de santé mentale posent toutefois un défi particulier.

Le Dr Mathieu Dufour, du Centre de santé mentale Royal d'Ottawa, explique que chaque situation en santé mentale doit être traitée au cas par cas. « C'est souvent du cas par cas, mais on voit souvent le même type de traitement dans ce genre de maladie. Quand on voit un épisode de psychose, les patients commencent à répondre après quelques semaines », mentionne le spécialiste, même s'il ne veut pas commenter le cas précis de Kellie Dufour, lui non plus.

Il ajoute toutefois qu'en plus de la médication et des suivis médicaux, une grande part de la guérison d'un patient dépendra de sa situation sociale et de son entourage.

Le Dr Dufour ajoute que la gestion du stress et du sommeil est très importante dans ce genre de cas.

Afin de diversifier son offre de service, la direction des sports de l'Université d'Ottawa a embauché une coordonnatrice au programme de santé mentale l'automne dernier, mais à temps partiel. Le Service des sports n'écarte pas que ce poste soit transformé en service à temps plein dans un avenir rapproché.

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