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Services ambulanciers à Ottawa : la facture se précise pour les Comtés unis de Prescott et Russell

Les Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) ont appris, mercredi, quel est l'impact financier occasionné par l'absence d'une entente avec la Ville d'Ottawa sur le remboursement des frais ambulanciers.

Un texte de Denis Babin

Une analyse réalisée par le service d'urgence des CUPR montre que les ambulanciers de la région ont répondu à 757 appels sur le territoire d'Ottawa, entre janvier et septembre 2016.

À titre comparatif, le Service paramédic d'Ottawa n'est intervenu qu'à 106 reprises sur le territoire des CUPR, durant la même période.

« C'est rendu qu'on fait sept fois plus d'appels pour eux qu'ils en font pour nous. C'est incroyable », lance le directeur des services d'urgence des CUPR, Michel Chrétien.

Avec cet écart qui ne cesse d'augmenter, les CUPR y perdent au change. On évalue que chaque service ambulancier fourni à Ottawa coûte environ 649 $.

C'est donc dire que la facture des services fournis à la Ville d'Ottawa s'élève à 411 500 $ pour les neuf premiers mois de l'année.

« Juste le 31 octobre dernier, on a fait 20 appels. Douze à Ottawa et huit dans Prescott et Russell », ajoute M. Chrétien. « On passe plus de temps à Ottawa qu'on en passe dans Prescott et Russell. »

Entre 2006 et 2015, l'entente intermunicipale alors en vigueur a permis aux CUPR de récupérer 718 500 $ de la Ville d'Ottawa pour des services ambulanciers.

Mais lorsque cette entente est arrivée à échéance l'hiver dernier, l'administration Watson a refusé de négocier un nouveau pacte.

Il faut comprendre que ce type d'entente n'est pas obligatoire en vertu de la Loi sur les ambulances de l'Ontario.

Résultat : depuis le 1er janvier dernier, la Ville d'Ottawa ne paye plus pour les services ambulanciers rendus par les municipalités limitrophes sur son territoire.

« Nous sommes mal placés, parce que la Loi nous oblige d'y aller. Et en fin de compte, ce sont nos contribuables qui payent pour un service à Ottawa », explique le directeur des services d'urgence des CUPR.

Cet été, une plainte a été déposée auprès du ministère de la Santé et des Soins de longue durée.

En outre, lors de sa plus récente visite dans la région, la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a été informée de la situation par les maires des CUPR, lors d'une rencontre privée.

Bref, à peu près tous les recours ont été épuisés.

« J'ai envoyé une lettre au ministère de la Santé, tout récemment, disant qu'il mettait à risque la santé des citoyens de Prescott et Russell », conclut M. Chrétien. « Ça m'inquiète qu'à un moment donné, il va arriver de quoi. On va se retrouver dans une situation difficile. »

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