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Ski para-alpin : Alexis Guimond et son clan, jusqu’en Corée

La qualification d'Alexis Guimond aux Jeux paralympiques s'est faite en famille. Et par famille, le skieur para-alpin entend un cercle bien élargi.

Ils sont tous là, sur le site d'Alpensia, pour le hisser vers l'atteinte de son plein potentiel, à l'occasion de ses premiers Jeux, à 18 ans.

Le Gatinois est partiellement paralysé du côté droit. Il attaque donc les pentes avec un seul bâton. Son côté gauche comporte aussi un léger manque de motricité.

Il a subi plusieurs accidents vasculaires cérébraux, dont deux successifs à l'âge de 12 ans. À la sortie d'un coma artificiel de deux semaines, il a dû tout réapprendre.

Alexis Guimond fait partie de la catégorie debout. À Pyeongchang, il a fini 4e en descente et en super-G et doit aussi participer au slalom géant et au super-combiné.

Il nous a parlé de son clan avec passion.

Q – QUI COMPOSE TON ARME SECRÈTE, TON CLAN?

R. Ceux qui m’ont aidé à atteindre mon potentiel dans le monde du ski. Ce sont mes parents, mon frère, mes voisins, mon ami d’enfance. Ils sont vraiment dévoués pour que j’obtienne du succès. Comme dit ma mère, ça prend un village pour élever un enfant. Dans mon cas, c’est exactement ça. Sans eux, je ne serais vraiment nulle part dans la vie… pas nulle part, mais je me serais rendu beaucoup moins loin.

Ma mère a toujours été au bas de la piste pour m’encourager. Elle m’attendait toujours avec un chocolat chaud après mes entraînements. Mon père, lui, il préparait mes skis le soir, la veille d’une course. C’était surprenant comme il mettait de l’effort. Avant les courses, il était toujours au départ. Il essayait de faire une dernière préparation pour que mes skis aillent un peu plus vite à la sortie de la porte.

Q – TON PÈRE EST UN FIN STRATÈGE. RACONTE-NOUS COMMENT IL A RÉUSSI À T’OUVRIR LA PORTE DU CLUB DE SKI.

Quand j’ai su que je voulais intégrer le club, mon père a demandé : « Est-ce que mon fils Alexis pourrait rejoindre le club? Il veut vraiment être un jeune coureur. » Au départ, ils ne voulaient rien savoir. Ils me voyaient comme différent et trop handicapé. Ils avaient peur de ce qu’ils ne connaissaient pas. Mais ma famille au complet me voyait capable de faire tout ce que les autres faisaient.

Un beau jour, mon frère Marc-Antoine faisait une compétition à Edelweiss, en Outaouais, et les organisateurs avaient besoin de bénévoles. Et mon père a dit qu’il n’y avait qu’une seule condition; que j’intègre le club pour la journée! Je termine ma journée et le coach va voir mon père et il lui dit : « Ton gars, il fait partie du club. Il a du potentiel, il est bon et il s’amuse. »

Depuis ce temps-là, je fais du ski de course!

Q – C’EST DONC TON FRÈRE MARC-ANTOINE QUI T’A COMMUNIQUÉ SA PASSION POUR LE SKI?

Mon frère, c’est l’inspiration derrière tout ça. Il est toujours là. C’est juste un gars fantastique et ambitieux. Et l’admiration est réciproque.

Au départ, je n’avais pas beaucoup d’intérêt pour le ski. Mais quand j’ai vu mon frère descendre avec le club de course, j’ai trouvé ça épatant. J’étais abasourdi.

Au début, mon frère ne devait pas aller en Corée, mais il a acheté son billet d’avion lui-même. Le fait que ma plus grande inspiration va me regarder descendre les pentes en Corée, aux Paralympiques, c’est vraiment un phénomène quasiment extraordinaire!

Q- QUELLE EST TON ÉPREUVE DE PRÉDILECTION?

C’est mon slalom géant. Ma technique, je pense, est vraiment forte et je pense que je peux avoir beaucoup de succès si je me fie à mes performances de l’année passée.

Ma faiblesse, c’est vraiment mon ballant. Mon équilibre est vraiment moins bon qu’une personne normale. J’ai aussi beaucoup de difficulté à maîtriser l’énergie que j’ai dans mes jambes. À un certain point, une jambe va lâcher avant l’autre.

Q- TON CLAN SERA COMPLET À PYEONGCHANG, Y COMPRIS OLIVIER BRETON, TON AMI D’ENFANCE?

C’est grâce à lui, je pense, que je suis rendu à ce point-ci aujourd’hui. Son soutien ne s’est jamais démenti.

Malgré nos chicanes, malgré nos différences, il croit encore que je peux atteindre le podium paralympique. Ça fait chaud au cœur de voir que ton ami croit à ton rêve plus que toi.

Moi, je suis vraiment content de savoir que mes plus grands supporteurs sont à Pyeongchang et ça me fait vraiment chaud au cœur qu’ils soient tous de la gang.

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