Retour

SONDAGE - La fusillade qui a changé la face d'Ottawa

Un an après les attentats du 22 octobre qui ont coûté la vie au caporal Nathan Cirillo, l'an dernier, on constate que les mesures de sécurité ont été renforcées à des endroits clés du centre-ville d'Ottawa.

Un texte de Angie Bonenfant

Et, selon un sondage mené pour le compte de Radio-Canada, ces mesures semblent avoir renforcé le sentiment de sécurité des résidents d'Ottawa et de Gatineau.

Même après les attentats du 22 octobre, trois résidents sur quatre (75,2 %) disent se sentir autant en sécurité aujourd'hui qu'à la même époque, l'an dernier.

Qu'a-t-on retenu des incidents survenus à Ottawa, il y un an? Quelles mesures de sécurité ont été implantées à Ottawa depuis le 22 octobre 2014?

Voici un petit tour d'horizon.

1. Édifices du Parlement

Photo : PC/La Presse canadienne/Adrian Wyld

Une enquête de la Police provinciale de l'Ontario (PPO) a révélé en juin des lacunes importantes lors de la fusillade au Parlement d'Ottawa, le 22 octobre. Depuis, la sécurité sur la colline et dans les édifices du Parlement a été rehaussée d'un cran.

Les policiers sont plus nombreux, tous armés et mieux coordonnés. La GRC supervise le nouveau Service de protection parlementaire qui regroupe les agents de sécurité de la Chambre des communes et du Sénat.

Près de 60 millions de dollars seront dépensés au cours des trois prochaines années par le gouvernement fédéral pour améliorer la sécurité au Parlement.

Le défi, maintenant, c'est de maintenir un équilibre entre la sécurité des lieux et leur accessibilité, explique l'expert Michel Juneau-Katsuya.

D'autres changements touchent directement les touristes.

Dans les édifices du Parlement, les visiteurs sont autorisés à apporter qu'un seul sac ne dépassant pas 35,5 cm x 30,5 cm x 19 cm.

Les autres effets personnels peuvent être déposés gratuitement dans un des casiers du Centre touristique situé de l'autre côté de la rue Wellington.

Tous les visiteurs doivent franchir des détecteurs de métal.

Les heures de visites ont été réduites et peuvent être modifiées, sans préavis.

2. Monument commémoratif de guerre du Canada

Photo : Radio-Canada

Les sentinelles ont fait leur retour au Monument commémoratif de guerre du Canada près de six mois après la mort du caporal Nathan Cirillo.

Depuis, des agents du Service de police d'Ottawa s'occupent de leur sécurité et surveillent les lieux lors de leur quart de travail.

L'embauche de ces officiers est la responsabilité de la Défense nationale. Cette nouvelle mesure coûte 425 000 $ à l'état.

3. Le palais de justice

Deux des trois entrées du palais de justice d'Ottawa ont été verrouillées, à la suite des attentats du 22 octobre.

L'entrée principale demeure le principal et seul point d'entrée du palais de justice.

Les visiteurs doivent franchir un détecteur de métal et leurs effets personnels sont inspectés par une machine à rayon X.

Six agents de sécurité supplémentaires ont été embauchés. Ils peuvent questionner ou fouiller, sans mandat, toute personne qui souhaite entrer au palais de justice.

Les visiteurs qui refusent d'obtempérer peuvent écoper d'une amende ou même être emprisonnés.

4. L'hôtel de ville d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Seulement trois agents de sécurité étaient en service pour sécuriser l'hôtel de ville d'Ottawa, le jour où Michael Zehaf-Bibeau a assassiné le caporal Nathan Cirillo et lancé une attaque contre le parlement.

De plus, l'administration municipale ne disposait d'aucun plan de confinement, alors que tout le centre-ville était paralysé.

Selon un rapport confidentiel écrit dans les jours qui ont suivi la fusillade, le système de caméras de surveillance a été déficient et incorrectement utilisé.

La ville n'a pas encore dit si et comment elle compte rectifier le tir.

5. La police d'Ottawa

Photo : CBC

Dans les semaines qui ont suivi les attentats, la police d'Ottawa a reconnu que son travail sur le terrain a été quelque peu chaotique.

Des faiblesses ont été principalement identifiées sur le plan des communications.

Le jour du drame, quelque 300 policiers en civil et cagoulés ont été déployés dans tout le centre-ville. Dans la panique générale, des agents ont été confondus avec des tireurs potentiels.

L'inspecteur Michel Martin nous explique ce qui a changé, depuis, dans le fonctionnement du Service de police (SPO).

Le SPO a également fait état de problèmes liés aux équipements déficients, à l'insuffisance d'autopatrouilles et à un manque chronique de ressources humaines.

La police d'Ottawa pilote, depuis la semaine passée, un projet dans lequel deux policiers sont dans toutes les autopatrouilles.

Et selon le président de l'Association des policiers d'Ottawa, Mark Skof, il y a davantage d'agents dans les rues de la capitale nationale que l'année passée. 

Un faible taux d'inquiétude

Un sondage de Segma Recherce, effectué entre le 10 et 22 septembre dernier, révèle que les résidents d'Ottawa et de Gatineau ne croient pas que leur région soit de nouveau la cible d'un attentat terroriste.

La majorité des répondants, 69 %, croient que ces risques sont plutôt faibles.

Étonnamment, c'est à Gatineau où le sentiment d'inquiétude est le plus élevé. 30 % des Gatinois croient qu'il existe de nouveau un risque réel d'attentat, alors que seulement 23 % des répondants d'Ottawa partagent cette opinion.

« C'est peut-être un cliché, mais sur les questions de sécurité, les femmes ont tendance à être plus méfiantes et plus inquiètes », explique le sondeur Raynald Harvey.

Dans les faits, 31 % des femmes craignent un nouvel attentat contre 21 % pour les hommes.

Dans le même ordre d'idée, la majorité des répondants du sondage de Radio-Canada (75,2 %) disent se sentir autant en sécurité qu'avant les attentats.

« La menace existe contre le Canada, mais il ne faut pas l'exagérer non plus », soutient Thomas Juneau, professeur adjoint à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa.

« La perception dans les médias, dans la société civile et dans la population en général, c'est une perception qui accepte cette réalité-là. »

C'est encore à Gatineau où le taux d'insécurité est le plus élevé. 21 % des Gatinois se sentent moins en sécurité contre seulement 13 % des répondants qui résident à Ottawa.

 

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine