L'élan libéral s'est fait ressentir de plein fouet du côté ontarien de la rivière des Outaouais, où le parti de Justin Trudeau a fait de nombreux gains.

Un texte de Mathieu Gohier

Une des plus grosses surprises de la soirée est survenue dans Ottawa-Centre. Le député sortant néo-démocrate Paul Dewar semblait indélogeable; il devra plutôt devoir céder sa place à Catherine McKenna, au terme d'une âpre lutte. La candidate libérale l'emporte par près de 2500 voix.

Paul Dewar a félicité son opposante libérale pour sa victoire.

« Les électeurs dans Ottawa-Centre, comme ailleurs au pays, ont décidé de choisir un parti [le Parti libéral] pour changer les choses », a-t-il déclaré.

« Nous sommes fiers de la campagne que nous avons menée », a-t-il ajouté, soulignant qu'il n'a pour l'instant aucun autre plan. « Nous avons misé sur les enjeux locaux - comme les services publics, le logement abordable et l'environnement - en s'assurant de continuer le travail que j'avais fait. »

Paul Dewar représentait Ottawa-Centre depuis 2006.

De son côté la nouvelle députée élue a tenu elle aussi à remercier son prédécesseur.

« Paul Dewar a été un très bon député pour Ottawa-Centre, j'ai de grands souliers à chausser », dit-elle.

Bélanger, pour une huitième fois

Sans surprise Mauril Bélanger a réussi à conserver le château fort libéral d'Ottawa-Vanier grâce à une victoire de plus de 16 000 voix. L'homme fort du berceau francophone d'Ottawa, élu sans interruption depuis 1995, attribue sa victoire au respect que voue le Parti libéral à la fonction publique fédérale.

« Les libéraux ont toujours respecté les fonctionnaires et nous allons continuer de le faire », a-t-il expliqué. 

Le député libéral réélu se réjouit que son parti forme un gouvernement majoritaire. « Je pense que les gens voulaient ça, parce qu'ils ne voulaient pas une autre élection en dedans d'un an et demi, deux ans. »

M. Bélanger souligne que le programme libéral prévoit renforcer la Loi sur les langues officielles, « on veut faire le plan d'action et peut-être aussi enseigner gratuitement l'anglais et le français à quiconque voudrait l'apprendre en ligne. »

Sa collègue Anita Vandenbeld est quant à elle parvenue à ravir la circonscription que représentait l'ancien ministre conservateur John Baird, soit Ottawa-Ouest-Nepean. Son plus proche rival, le conservateur Abdul Abdi, est arrivé loin en deuxième position avec plus de 11 000 votes de retard.

La libérale, défaite en 2011, a pu cette fois prendre sa revanche. Elle explique en partie sa victoire par sa « façon de faire de la politique », soit « de rebâtir le consensus, d'écouter ceux qui sont touchés, d'écouter les gens qui possèdent l'expertise - comme les scientifiques - et d'amener toutes ces idées ensemble. »

Pas moins de 10 nouveaux députés libéraux ont été élus dans la région. Photo : ICI Radio-Canada / Chantal Mainville

Le même vent de changement a soufflé dans Kanata-Carleton où le député sortant conservateur Walter Pamic a été défait par la libérale Karen McCrimmon. Mme McCrimmon l'emporte par près de 6000 voix d'avance. 

« Nous avons montré l'exemple. Nous voulions une campagne positive. Les Canadiens et les gens de Kanata-Carleton ont répondu à cet appel », a-t-elle lancé.

La nouvelle circonscription de Nepean quant à elle aura comme premier député de son histoire un libéral en Chandra Arya.

Pari réussi dans Orléans

Le Parti libéral remporte son pari dans Orléans avec la victoire de son candidat vedette Andrew Leslie. L'ex-haut gradé des Forces canadiennes déloge par près de 13 000 voix le député conservateur sortant Royal Galipeau, qui occupait le siège depuis 2006.

« Le gouvernement Harper a coupé presque 26 00 postes de fonctionnaires. Dans le plan des libéraux, on a trois grands investissements qu'on veut faire : les infrastructures - les ponts, le train léger -, l'infrastructure sociale et l'infrastructure verte », explique Andrew Leslie. 

Même si Andrew Leslie a récolté plus de 56% des voix, Royal Galipeau a tenu à rappeler à quel point il est difficile de l'emporter. 

« C'est toujours difficile de se faire élire ici [dans Orléans] surtout si on est un candidat conservateur », a-t-il déclaré. « M. Leslie a été un candidat distingué, qui a bien servi son pays en uniforme pendant 35 ans et maintenant, il a la responsabilité de représenter les gens d'Orléans à la Chambre des communes. »

David McGuinty dans Ottawa-Sud est à quant lui réélu avec une confortable avance de plus de 18 000 voix.

Changement dans l'Est ontarien

Cette histoire ressemble beaucoup à celle de la circonscription voisine de Glengarry-Prescott-Russell, où le député sortant conservateur, Pierre Lemieux, s'est fait montrer la porte en faveur de son rival libéral, Francis Drouin.

Au déclenchement des élections en août, le Parti libéral du Canada ne détenait que deux sièges à Ottawa.

Avant le redécoupage de la carte électorale, c'est le Parti conservateur du Canada qui était le mieux représenté dans la région avec huit députés.

Seuls deux députés conservateurs de la région ont pu résister à la poussée libérale. Pierre Poilievre conserve son siège dans la nouvelle circonscription de Carleton, alors que Guy Lauzon est réélu dans Stormont-Dundas-Glengarry-Sud.

Avec la collaboration de Jérémie Bergeron et Emmanuelle De Mer

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