Kathleen Wynne a un poids de moins sur les épaules. La Couronne a suspendu les accusations portées contre l'organisateur libéral sudburois Gerry Lougheed. Il va sans dire que la première ministre peut mieux respirer. Mais pour combien de temps? Et dans quelle mesure?

Une chronique d'Alex Boissonneault

M. Lougheed, un allié de la première heure autant que de la première importance n'est pas sorti de l'auberge. Pas plus que son parti. D'abord, les accusations sont suspendues, elles ne sont pas abandonnées. Même si l'histoire démontre que la Couronne reprend rarement des procédures laissées en plan de cette façon, ce n'est pas impossible.

Il est donc toujours accusé d'avoir influencé ou négocié une nomination et d'avoir conseillé une infraction qui n'est pas commise en offrant un poste, ou autre avantage, à l'ex-candidat libéral Andrew Olivier.

Surtout, il faut se demander pourquoi la Couronne a agi de la sorte : des doutes sur la cause? Peut-être. Mais la réponse se trouve surement davantage dans cette autre enquête « qui devrait avoir un impact direct » sur ces procédures, avait déjà averti le procureur Vern Brewer à la mi-avril.

L'enquête parallèle s'intéresserait toutefois à des infractions à la loi électorale, ce qui est beaucoup moins sérieux. Il faut donc attendre de savoir si de nouvelles accusations seront portées, ou si les procédures criminelles seront carrément écartées.

Un gouvernement sous la loupe

Une chose est certaine, c'est que l'avocat de M.Lougheed lui-même ne s'est pas réjoui outre mesure de la nouvelle. Il sait que son client est loin d'en avoir fini avec la justice.

Le Parti libéral de l'Ontario non plus. Évidemment, cette suspension offre tout de même un répit inespéré à la première ministre, qui a déjà son lot de scandales à gérer. Une pause temporaire? Pas grave : le plus tard, le mieux. Même si les chances de M. Lougheed, et indirectement de ses associés politiques, de se tirer de ce faux-pas en juillet étaient bien réelles.

Mais le scandale remué devant les projecteurs fait parfois aussi mal, sinon plus, que l'issue du procès lui-même. Le sénateur Mike Duffy vient d'être innocenté. Est-ce que sa réputation et celle du bureau de Stephen Harper en sont sorties indemnes?

Deux anciens membres de l'équipe de l'ex-premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, devront se défendre au tribunal relativement au scandale des centrales électriques au gaz. Et il y a les ambulances aériennes, Ornge. Et s'ils étaient des conservateurs, il y aurait aussi une enquête publique sur le financement politique.

Le péché est dans l'intention

Procès ou pas, pour bien des électeurs le péché est dans l'intention plus que dans l'acte. Si les libéraux peuvent se réjouir d'un sursis à Sudbury, compte tenu des autres fantômes qui hantent encore le parti, cette victoire prend des airs de défaite. La confiance d'une frange significative de la population est à ce point minée, qu'elle doute systématiquement même des bonnes nouvelles.

Le gouvernement doit bien faire attention que la saga sudburoise, même sans condamnation, n'alimente un peu plus le cynisme populaire.

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