Ça y est. Après un hiver rocambolesque sur la scène politique provinciale, après une campagne officieuse qui aura duré des semaines, la campagne électorale commence officiellement aujourd'hui.

Une analyse de Julie-Anne Lamoureux

28 jours nous séparent du jour du scrutin, le 7 juin prochain.

D'ici là, tout est possible.

Avance des conservateurs

Même si les progressistes-conservateurs de Doug Ford partent avec une longueur d'avance considérable dans les sondages. Doug Ford est fraîchement arrivé sur la scène politique provinciale, après avoir remporté le leadership conservateur le 10 mars dernier.

Depuis, le parti a bondi dans les sondages.

Lune de miel ou véritable vague? Les prochaines semaines nous le diront. Pour l'instant, c'est de bon augure pour lui.

Mais attention, les libéraux et néo-démocrates n'ont pas dit leur dernier mot.

Les progressistes-conservateurs n'ont pas gagné d'élections générales depuis 1999 avec Mike Harris. Depuis, chaque fois ils ont mordu la poussière.

En 2014, ils avaient le vent dans les voiles en début de campagne et ont tout de même perdu.

L'ancien chef intérimaire Jim Wilson avait même dit: « nous nous tirons tout le temps dans le pied. Nous n'avons plus de pied dans lequel nous tirer. »

Cette fois-ci, la grogne et la frustration contre les libéraux sont plus que palpables. Il semble que les troupes de Kathleen Wynne ne se soient jamais remises des critiques sur les factures d'électricité élevées.

Depuis que le sujet résonne en Ontario, les libéraux n'arrivent pas à remonter la pente. C'est sur cette colère et sur cette désillusion que les conservateurs parviennent à miser en ce moment.

Ainsi, la chef libérale joue non seulement sa carrière politique avec cette élection, mais les résultats pourraient avoir un impact sur la marque libérale en Ontario.

Les libéraux n'ont pas dit leur dernier mot

Les libéraux ont toutefois plus d'un tour dans leur sac et vont tout faire pour déstabiliser Doug Ford et les conservateurs. Ils sont de bons organisateurs de campagne.

Le départ de Kathleen Wynne dans son autobus de campagne après la dissolution de la chambre ce mardi devant une foule gonflée à bloc laissait croire que tout va pour le mieux pour les libéraux. Ils admettent pourtant publiquement qu’ils traînent de l’arrière.

Pour l'instant, malgré leurs efforts, les controverses qu'ils déterrent sur leurs adversaires ne semblent pas trouver de résonnance spectaculaire.

Il faut dire que l'équipe entourant Doug Ford s'assure de contrôler et limiter ses interventions publiques. Tout est calculé. Doug Ford est calme et fait le moins de vagues possible.

Lors du premier débat des chefs, il était complètement effacé en première partie. Comme s'il voulait éviter de commettre une gaffe.

Et les néo-démocrates dans tout cela?

Les néo-démocrates, troisième parti en importance à la législature à la dissolution de la chambre, ont eu de la difficulté à avoir de la visibilité dans les derniers mois.

La saga des conservateurs les a complètement éclipsés des projecteurs.

Les libéraux font tout pour les ignorer - ils ne les nomment pratiquement jamais, comme pour donner l'impression qu'ils n'existent pas. Les libéraux veulent d'une lutte à deux avec les conservateurs. Pas d'une lutte à trois qui pourrait leur faire perdre des appuis au profit du NPD.

Pour remédier à ce manque de visibilité, la chef néo-démocrate Andrea Horwath tente de se montrer au-dessus de la mêlée en restant à l'écart des attaques. Question de se distinguer. Question de montrer qu'elle offre une option différente, une option positive, de celles de ses adversaires.

Élections à date fixe

Pour la première fois, les élections ont lieu selon un calendrier déterminé d'avance.

Tous les partis ont eu le temps de s'organiser et voir venir l'échéance électorale.

En 2014, les néo-démocrates avaient été pris de court et n'étaient pas prêts lors du déclenchement des élections. Cette fois-ci, pas d'excuse. Il faudra être bien organisé dès la première heure.

Autre changement, les limites de certaines circonscriptions ont été modifiées et de nouvelles circonscriptions sont apparues. On passe de 107 à 124 circonscriptions.

Une grande partie de ces circonscriptions sont dans la grande région de Toronto et dans ses banlieues. Ne vous étonnez pas de voir les chefs dans ces régions au cours des prochaines semaines.

On sait quand la campagne commence, quand elle se termine. Comment se terminera-t-elle? « Stay tuned » comme diraient bien des politiciens de Queen's Park.

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