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Surdoses d'opioïdes : des membres de l'Église anglicane apprennent à administrer un antidote

À la suite de l'augmentation des surdoses d'opioïdes à Ottawa, des membres de l'Église anglicane de la ville ont passé la journée de jeudi à apprendre à administrer de la naloxone, un antidote injectable qui peut contrer les effets du fentanyl (un puissant opioïde synthétique) en cas de surdose.

Une vingtaine de membres du clergé ont assisté à la formation organisée par la révérende Monique Stone, prêtre à la paroisse anglicane de Huntley dans le secteur de Carp.

« Nous avons tous un rôle à jouer », a déclaré la révérende à CBC News. « Nous devons examiner comment créer le réseau le plus fort pour combattre ce problème, et ce n’est pas quelque chose que nous pouvons faire de façon isolée ».

Pour la révérende, également mère d’une fille de 16 ans, la série récente de surdoses à Kanata – ainsi que la lettre ouverte du père d’une fille en proie à des problèmes de dépendance – a rendu l’accès à la naloxone et la sensibilisation plus urgente.

Nous avons un défibrillateur, alors pourquoi n’aurions-nous pas la trousse de naloxone?

Monique Stone, prêtre à la paroisse anglicane de Huntley

L'accès à un antidote est devenu urgent, d'autant plus que les surdoses liées aux opioïdes, notamment le fentanyl ne cesse d'augmenter partout au pays. En  2016, quelque 5000 intoxications par des opioïdes ont été recensées dans les hôpitaix canadiens, dont le tiers résultaient d’un geste intentionnel.

En janvier, les maires des grandes villes canadiennes, dont le maire d'Ottawa, Jim Watson, ont appelé le premier ministre Justin Trudeau à formuler une réponse coordonnée à la crise du fentanyl.

Il y aura un second atelier pour apprendre à administrer la naloxone. La formation prévue pour la fin du mois de mars affiche déjà complet et une trentaine de personnes sont sur la liste d'attente.

Déstigmatiser

« Les personnes publiques doivent faire en sorte que les dépendances aux drogues soient déstigmatisées et doivent aider la cause », poursuit la révérende Monique Stone.

Le pasteur Beth Bretzlaff, prêtre à l'église St. John the Evangelist dans le centre-ville d'Ottawa, et directeur de La Source, un refuge pour les femmes et les mères, a participé au premier atelier.

« Nous sommes en plein milieu de la crise », commente-t-il.

« Notre établissement est ouvert 12 heures par jour, parfois plus, et nous avons beaucoup de gens qui viennent de la rue », raconte le pasteur. « Et il m'est arrivé d'appeler une ambulance pour des personnes qui faisaient des surdoses ».

Pour le révérend Bretzlaff, si l'Église anglicane peut jouer un rôle dans l'amélioration de l'accès à la naloxone, c'est une occasion de faire savoir aux gens que « nous sommes un endroit sécuritaire où ils peuvent venir ».

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