Depuis plus de 30 ans, l'utilisation d'hormones est interdite dans l'élevage du poulet au Canada. Or, les éleveurs de volaille doivent encore déboulonner de nombreux mythes... En se lançant dans l'élevage de poulet il y a 15 ans en Outaouais, Sylvain Bertrand a préconisé des méthodes claires pour offrir des poulets respectant leur « vraie nature ».

Un texte de Julien Morissette, à l'émission Les malins plaisirs

À la frontière de Gatineau et de Val-des-Monts, la ferme Aux Saveurs des Monts a « pignon sur rang » depuis 2000. Sans être une entreprise entièrement biologique - il n'y a que le grain donné aux poulets qui n'a pas la certification - la ferme a comme mission d'élever la volaille sans antibiotiques, tout en respectant un rythme de croissance régulier.

Cette ferme est parmi les trois seules à faire l'élevage de volaille en Outaouais, produisant au total 100 000 poulets par année, soit une faible proportion des 800 éleveurs québécois. Ce petit volume a cependant un avantage : il y a beaucoup moins de maladies et il est possible d'éviter l'utilisation d'antibiotiques.

Éleveurs de volailles : agriculteurs paresseux

Sylvain Bertrand a fait ses débuts modestement lorsqu'il a acheté la ferme du Rang 6 à Val-des-Monts. À l'époque, il était seul dans cette aventure et pouvait élever 3000 poulets en une année. Quinze ans plus tard, avec 10 employés, ce sont près de 35 000 oiseaux qui se retrouvent dans les supermarchés, boutiques et restaurants de la région.

« Si vous voulez voir des agriculteurs qui travaillent intensément, allez voir les producteurs laitiers. Il n'y a jamais de pause pour eux », souligne M. Bertrand. « Les poulets, c'est plus souple que les vaches comme horaire de travail. C'est plus facile, au niveau de l'équilibre travail-famille. »

Sylvain Bertrand s'estime heureux d'avoir une équipe d'employés fidèles, qui lui permettent de prendre de courtes vacances. Il peut aussi compter sur le plus jeune de ses deux fils, Samuel, lequel a un intérêt pour reprendre la ferme. Le père de famille ne veut cependant pas imposer cette décision à ses enfants, conscient des défis et de l'exigence du métier... qui n'est finalement pas pour les paresseux!

Militer pour des marchés publics en Outaouais

Le plus grand souhait de Sylvain Bertrand est de voir un véritable marché public s'établir en Outaouais. Il reconnaît que de nombreux projets ont fait leur marque - comme les marchés à Ripon, Aylmer, Wakefield, dans le Vieux-Hull ainsi que le marché Notre-Dame - mais il n'est pas convaincu que ceux-ci offrent tous une expérience positive aux consommateurs.

« Malheureusement, je vois beaucoup de producteurs québécois qui vont du côté ontarien : le parc Lansdowne, le marché By, le marché Parkdale », se désole-t-il.

« On sent que la population ici recherche ces produits, mais on se demande comment offrir une structure intéressante pour les producteurs et les consommateurs. Ça va prendre une volonté des organisations politiques », croit M. Bertrand.

En tant que président de la Coopérative de solidarité de la ferme Moore, Sylvain Bertrand travaille depuis de nombreuses années à développer un point de rencontre entre le consommateur et les agriculteurs. Le projet est cependant sur le point d'éclore, avec l'ouverture prochaine d'un centre d'écologie et de valorisation de la culture urbaine et rurale, à Gatineau.

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